Shinzo Abe, à Tokyo le 24 décembre a été réélu Premier ministre du Japon.
Shinzo Abe, à Tokyo le 24 décembre a été réélu Premier ministre du Japon. — AP/SIPA

POLITIQUE

Japon: Shinzo Abe réélu Premier ministre par une majorité écrasante de députés

Sans réel rival, le Premier ministre du Japon a été réélu pour un troisième mandat...

Shinzo Abe a été réélu mercredi Premier ministre du Japon par les députés, dix jours après la victoire sans appel de son Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) à un scrutin législatif anticipé. Meneur conservateur sans réel rival, Shinzo Abe a rassemblé 328 voix sur 470 votes exprimés à la chambre basse, ce qui le place pour la troisième fois de sa carrière à la tête de l'archipel nippon.

Une abstention record

Cette réélection était une formalité, le PLD ayant 291 députés et son allié centriste Nouveau Komeito 35. Shinzo Abe, dont le parti domine aussi le Sénat, a rassemblé tout son camp et même au-delà. Il faisait face à quatre autres candidats qui n'avaient aucune chance. Le deuxième, Katsuya Okada, un ténor du Parti Démocrate du Japon (PDJ, centre gauche), a obtenu pour sa part 73 voix de députés et 61 de sénateurs.

Sur fond d'abstention record (près de 48%), le Parti Libéral Démocrate (PLD) de Shinzo Abe avait remporté le 14 décembre haut la main les élections législatives. Cette victoire n'a étonné personne, tant l'opposition, divisée, était tout sauf en ordre de marche.

Un gouvernement dès ce mercredi

Shinzo Abe devrait former son gouvernement dès ce mercredi, vraisemblablement en reconduisant tous les actuels ministres, à l'exception de celui de la Défense, selon les médias. Akinori Eto devrait être remplacé par Gen Nakatani, un familier des questions de sécurité nationale et de lutte antiterroriste. Une cérémonie est prévue ensuite avec l'empereur Akihito, qui doit officiellement valider la composition du gouvernement, sans pour autant avoir son mot à dire.

Shinzo Abe entend poursuivre la politique lancée depuis décembre 2012, date de son retour au pouvoir après un premier mandat raté en 2006/07. Son programme est d'abord économique, puisque le chef du gouvernement conservateur avait transformé le scrutin législatif en référendum pour ou contre sa politique «abenomics».

Retour de la récession

Depuis sa mise en oeuvre fin 2012, cette stratégie de largesses budgétaires, souplesse monétaire et réformes structurelles a dans un premier temps eu des effets positifs (baisse du yen, retour d'une inflation modérée et regain de croissance), mais elle s'est essoufflée ensuite et le Japon est retombé en récession au troisième trimestre de cette année à la suite d'une hausse de la taxe sur la consommation début avril. «L'économie est la priorité, mais je veux aussi renforcer le rôle diplomatique du Japon et assurer sa sécurité», ne cesse de répéter le Premier ministre.

Shinzo Abe souhaite profiter des années qu'il a devant lui pour faire avancer son ambition de réformer la Constitution et inscrire dans la loi des textes qui lui tiennent particulièrement à coeur, notamment sur la sécurité nationale et la