Epidémie d'Ebola: Les cinq chiffres de la démesure

EPIDEMIE A épidémie exceptionnelle, moyens exceptionnels. Un an après le premier cas d’Ebola en Afrique de l’Ouest, «20 Minutes» dresse la liste des chiffres hors normes de cette crise humanitaire inédite...

Bérénice Dubuc

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Un centre de traitement contre le virus Ebola géré par la Croix Rouge près de la ville de Kenama, au Sierra Leone, le 15 novembre 2014 Lancer le diaporama
Un centre de traitement contre le virus Ebola géré par la Croix Rouge près de la ville de Kenama, au Sierra Leone, le 15 novembre 2014 — Francisco Leong AFP

Un an après que le premier cas d’Ebola s’est déclaré, le 26 décembre 2013, dans le village reculé de Meliandou, en Guinée, le virus s’est propagé et a tué des milliers de personnes. Il s’agit de l’épidémie la plus meurtrière de cette fièvre hémorragique qu’a connue le monde à ce jour. Face à cette épidémie hors normes, des moyens impressionnants ont été mis en œuvre.

7.518 morts sur 19.340 cas enregistrés

Il s’agit du dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cependant, ces chiffres ne sont que les cas enregistrés dans les trois pays les plus touchés (Sierra Leone -qui comptabilise le plus grand nombre de cas-, Liberia et Guinée), où la collecte d’information peut parfois s’avérer déficiente.

Cette crise a déjà fait près de cinq fois plus de morts que l'ensemble des précédentes depuis la découverte du virus en 1976 (1.548 décès jusqu’en 2013, selon le Centre de prévention et de contrôle des maladies). Et, depuis la publication du précédent bilan de l'OMS le 20 décembre, le nombre des morts comme le nombre de cas ont augmenté.

Huit pays touchés

En plus de la Sierra Leone, du Liberia et de la Guinée, l'épidémie d'Ebola a jusqu'à présent touché huit pays: Mali (6 cas mortels), Nigeria (8 cas mortels), Etats-Unis (un cas mortel), Sénégal (un cas de contamination) et Espagne (un cas de contamination). Jusqu’à présent, les épidémies d’Ebola étaient concentrées sur des zones limitées.

Plus de 240 litres d'eau par jour et par patient

Traiter le virus Ebola requiert d’importantes ressources sanitaires. Pour soigner un seul patient, il faut par exemple, selon Médecins sans frontières (MSF) cité par le Wall Street Journal, plus de 200 litres d’eau par jour, près de 91 litres d’eau de javel, 8 paires de gants médicaux, et 3 combinaisons médicales étanches. Sans compter des personnels médicaux en nombre.

0 vaccin

Aucun vaccin n'est actuellement disponible contre le virus. Cependant, des essais cliniques préliminaires -prometteurs- chez des volontaires sains sont en cours pour deux vaccins en développement: le «cAd3-ZEBOV» et le «rVSV-ZEBOV». Des «doses de vaccins satisfaisant aux critères de qualité internationaux» doivent être utilisées à partir de janvier 2015 pour la dernière phase des tests, sur des malades d’Ebola, pour vérifier que l'injection permet une protection rapide et durable contre le virus. Mais l’organisation de cette dernière phase, notamment la façon de choisir les volontaires, pose question. De plus, même si un vaccin était autorisé, il faudrait attendre encore douze mois avant d’arriver à une production de masse.

32,6 milliards de dollars perdus

Agriculture, transports, tourisme… L’épidémie a aussi un impact économique sur tous les secteurs d’activité des pays touchés, et d’Afrique de l'Ouest. Selon les calculs de la Banque mondiale publiés début octobre, dans l’hypothèse haute («High Ebola») -plus que probable- d’une poursuite de l’épidémie en 2015, l'impact économique pour la région serait de 7,4 milliards de dollars en 2014 et 25,2 milliards de dollars en 2015.

Pour les trois pays les plus atteints, la facture serait de 130 millions de dollars pour la Guinée, 66  pour le Liberia et 163 pour la Sierra Leone. Enfin, le président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, estimait fin août qu’Ebola devrait «coûter 1, voire 1,5 point de PIB» à ces trois économies.