New York: Deux policiers abattus dans leur voiture, Obama condamne

ENQUETE Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, 28 ans, a tiré à plusieurs reprises sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture, à travers la fenêtre du passager, les atteignant à la tête...

B.D. avec AFP

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Des voitures de police à New York le 4 décembre 2014
Des voitures de police à New York le 4 décembre 2014 — Yana Paskova Getty

Le président américain Barack Obama a condamné ce dimanche «inconditionnellement» l'assassinat à New York de deux policiers abattus de sang froid par un homme seul, à un moment où la mort de Noirs non armés entre les mains de la police a exacerbé les tensions.

«Je condamne inconditionnellement le meurtre aujourd'hui de deux policiers à New York. Deux hommes courageux ne rentreront pas chez eux ce soir retrouver leurs proches, et pour cela il n'y a aucune justification», a déclaré le président Obama dans un communiqué. «Aujourd'hui, je demande aux gens de rejeter la violence et les mots qui blessent et de préférer les mots qui guérissent», a ajouté le président.

Contexte tendu

Les deux policiers -Wenjian Liu, marié depuis deux mois et Rafael Ramos- ont été tués par balles samedi après-midi à Brooklyn dans leur voiture, «assassinés» par un homme noir de 28 ans qui s'est ensuite suicidé, a annoncé la police de New York. Le double meurtre, commis en plein jour dans la plus grande ville des Etats-Unis absorbée par les préparatrifs de Noël, a choqué la population.

L'attaque a eu lieu à Brooklyn, dans le quartier de Bedford Stuyvesant à 14h50 locales (20h50 à Paris), dans un contexte tendu du fait de manifestations à répétition à New York, après la récente décision d'un grand jury de ne pas poursuivre un policier impliqué dans la mort d'Eric Garner, père de six enfants soupçonné de vente illégale de cigarettes mort en juillet dernier lors d'une interpellation musclée à Staten Island, et après la mort d'un autre Noir non armé, tué dans la cage d'escalier obscure d'une HLM de Brooklyn le 20 novembre par un policier débutant.

«Purement et simplement assassinés»

Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, a tiré à plusieurs reprises à travers la fenêtre du passager sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture de patrouille et n'ont pas eu le temps de sortir leur arme, les atteignant à la tête. «Ils ont été tués par balle, sans avertissement. Ils ont été purement et simplement assassinés», a déclaré, très ému, le chef de la police Bill Bratton, lors d'une conférence de presse.

Le meurtrier, qui n'aurait pas de lien terroriste, était venu de Baltimore, à 300 km au sud de New York. Pourchassé par d'autres policiers alors qu'il s'enfuyait à pied, il a mis fin à ses jours sur un quai de métro à proximité, a ajouté le chef de la police. Selon Bill Bratton, il avait auparavant posté sur les réseaux sociaux des commentaires très hostiles à la police.

Police traumatisée

Il y mentionnait Eric Garner et Michael Brown, un jeune noir tué par la police à Ferguson (Missouri) en août, selon les médias locaux. Le double meurtre a profondément traumatisé la plus importante force de police des Etats-Unis, dont deux membres avaient déjà été attaqués le 24 octobre par un homme armé d'une hachette. Le maire de New York Bill de Blasio, démocrate dont les relations sont difficiles avec sa police, a dénoncé samedi soir un «assassinat ressemblant à une exécution».

Le procureur de l'Etat de New York Eric Schneiderman a évoqué un «acte affreux de violence» et de nombreux policiers des différents commissariats de New York ont exprimé leur choc sur Twitter, envoyant condoléances et prières aux familles des victimes. C'est la septième fois depuis 1972 que des policiers travaillant à deux sont ainsi tués à New York, selon Bill Bratton.

Le meurtrier avait aussi blessé par balle samedi matin son ex-petite amie à Baltimore, avant de partir pour New York, a indiqué Bill Bratton. Il a expliqué que Brinsley utilisait apparemment le compte instagram de la jeune femme pour ses commentaires anti-police.