Conflit Ukraine-Russie: L'UE adopte de nouvelles sanctions visant la Crimée, la Russie s'indigne

MONDE Les bateaux de croisières européens ne pourront plus faire escale à Sébastopol...

W.M. avec AFP

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Illustration de drapeaux européens.
Illustration de drapeaux européens. — Georges Gobet AFP

Une décision qui ne risque pas de faire du bien au rouble. Alors que la Russie est au cœur d'un cyclone monétaire, l'Union européenne a adopté jeudi de nouvelles sanctions visant la Crimée, y interdisant tous les investissements européens, ainsi que les croisières, pour marquer son opposition à «l'annexion illégale» de la péninsule ukrainienne par la Russie.

L'UE «a imposé d'importantes sanctions supplémentaires concernant les investissements, les services et les échanges avec la Crimée et Sébastopol, dans le but de réaffirmer la politique de l'Union, qui consiste à ne pas reconnaître leur annexion illégale par la Russie», a indiqué le Conseil européen, qui représente les 28 Etats membres, dans un communiqué.

Investissements en Crimée interdits

Ces nouvelles sanctions, annoncées à quelques heures d'un sommet européen à Bruxelles, élargissent de précédents trains de sanctions spécifiques à la Crimée décidés par l'UE en juin et juillet.

Elles complètent un arsenal de mesures déjà prises par les Européens depuis le début de la crise en Ukraine. Parmi celles-ci, figurent des listes de personnalités interdites de visa et dont les avoirs dans l'UE sont gelés, mais aussi l'interdiction de financer d'importantes banques et entreprises pétrolières russes, dont Rosneft.

«A compter du 20 décembre, les investissements en Crimée ou à Sébastopol sont interdits. Les Européens et les entreprises établies dans l'UE ne peuvent plus acheter des biens immobiliers ou des entités en Crimée, financer des entreprises de Crimée ou fournir des services connexes», a détaillé l'UE.

Pas d'arrêt en Crimée pour les croisières

En outre, «les opérateurs de l'UE ne seront plus autorisés à fournir des services liés au tourisme en Crimée et à Sébastopol». En particulier, à partir du 20 mars 2015, «les navires de croisière européens ne peuvent plus faire escale dans un port situé dans la péninsule de Crimée, sauf cas d'urgence», a précisé l'UE. Cela vaut pour «tous les navires qui sont la propriété ou sous le contrôle d'un armateur européen ou qui battent pavillon d'un État membre».

Par ailleurs, l'UE proscrit les exportations européennes de technologies et de biens dans les secteurs des transports, des télécommunications, de l'énergie, ainsi que de la prospection, de l'exploration et de la production pétrolières, gazières et minières.

La Russie contre-attaque

L'Union européenne doit comprendre que la Crimée est une «partie inaliénable» de la Russie, a réagi la diplomatie russe.

«Et nous rappelons à l'UE notre droit de répondre de manière adéquate à ces soi-disant mesures de restrictions contre les citoyens russes sans distinction», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères.