Arrestations de journalistes turcs: Erdogan dit à l'UE de «se mêler de ses affaires»

TURQUIE La police a arrêté dimanche 27 personnes à Istanbul et dans plusieurs villes de Turquie, essentiellement des journalistes...

20 Minutes avec AFP

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan le 1er décembre 2014 dans son nouveau palais présidentiel à Ankara
Le président turc Recep Tayyip Erdogan le 1er décembre 2014 dans son nouveau palais présidentiel à Ankara — Adem Altan AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris lundi à l'Union européenne, qui avait critiqué les arrestations massives en Turquie visant les médias opposés à son régime.

«L'Union européenne ne peut pas interférer dans des mesures prises... dans le cadre légal, contre des éléments qui menacent notre sécurité nationale» a déclaré Erdogan, dont les propos, ses premiers après les arrestations de dimanche, ont été retransmis à la télévision. «Ils n'ont qu'à se mêler de leurs affaires», a-t-il déclaré.

Arrestations de masse

La police a arrêté dimanche 27 personnes à Istanbul et dans plusieurs villes de Turquie, essentiellement des journalistes, dont Ekrem Dumanli, le rédacteur en chef de Zaman, et Hidayet Karaca, le directeur de la télévision güleniste Samanyolu TV (STV), ainsi qu'un producteur, un directeur et des journalistes de la chaine de séries télévisées Tek Turkiye (One Turkey) diffusé par STV.

Lundi matin, la télévision turque a annoncé que trois de ces derniers avaient été remis en liberté dans la nuit, mais que 24 personnes étaient toujours interrogées par la police d'Istanbul.

Ils ont été arrêtés sur ordre du procureur Hadi Salihoglu et accusés de faux, de fabrication de preuves et d'avoir constitué un «syndicat du crime visant à attaquer la souveraineté de l'Etat», selon l'agence gouvernementale Anatolie.

La Turquie est «au bord du gouffre»

Plusieurs policiers ont également été arrêtés, dont Tufan Erguder et Mutlu Ekizoglu, respectivement chef du département antiterroriste et chef du département du crime organisé de la police d'Istanbul.

Le quotidien Zaman titrait lundi matin, sur fond noir: «Journée noire pour la démocratie». «Zaman maintiendra sans peur sa ligne pacifique pour la démocratie et la liberté», assurait le journal, ajoutant que la Tuquie était «au bord du gouffre».