Espagne: Les médias veulent garder Google News

MEDIAS Alors que Google News baisse son rideau aujourd'hui en Espagne, les éditeurs de presse demandent, d'ores et déjà la réouverture des négociations...

20 Minutes avec agence

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Le siège social de Google à Pékin, en Chine, le 30 juin 2010
Le siège social de Google à Pékin, en Chine, le 30 juin 2010 — Franko Lee AFP

Un mois après l'annonce de la «Taxe Google» par le gouvernement espagnol, et cinq jours après la décision de Google de fermer son site d'actualités en représailles, le bras de fer entre l'Espagne et le géant californien connaît un nouveau rebondissement. L'Aede (l'association des éditeurs de quotidiens espagnols) vient, en effet, de déclarer vouloir relancer les négociations avec la société de Mountain View qui, ce 16 décembre, a choisi, en représailles, de fermer son site d'actualités «Google Noticias».

 

Capture d'écran de la page Google Noticias, prise ce 16 décembre - Support.google.com

 

Pourtant à l'origine de la loi espagnole censée entrer en vigueur au 1er janvier 2015, les éditeurs de presse, qui restent favorables à une taxation de l'agrégateur, s'inquiètent aujourd'hui de l'impact qu'aurait la disparition de Google News sur la fréquentation de leurs sites et se disent prêts à négocier avec le géant américain. «Les grands perdants seront les médias eux-mêmes, qui, avec la disparition de leurs informations du moteur de recherche, perdront du trafic sur leurs pages», avait ainsi averti l'Aede, dans un communiqué.

Rapport de force inégal

Après les déconvenues de la presse belge et allemande (1), il s'agit là d'un nouvel exemple de l'inégalité du rapport de force entre le tout-puissant moteur de recherche, fait d'ailleurs l'objet d'une enquête de la Commission européenne pour entrave à la concurrence, et quiconque souhaitant aller à l'encontre de ses méthodes. Le texte de loi vise à imposer à Google de reverser aux éditeurs une partie de ses gains en contrepartie de l'exploitation des articles de presse espagnols; la fermeture de son site d'actualités est donc une manière pour la firme américaine de signifier son refus.

Pris en tenaille, les éditeurs, qui ont «toujours été ouverts à des négociations avec Google», appellent désormais le gouvernement espagnol et l'Europe à «protéger les droits des citoyens et des entreprises».

(1) En Allemagne, le géant de l'édition Axel Springer a capitulé début novembre en demandant à faire figurer à nouveau gratuitement sur le moteur de recherche des extraits des articles de ses publications. En France, Google et les éditeurs de presse sont parvenus à un accord en 2013 sur le partage des recettes publicitaires.

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