Les marins avaient pour mission de collecter des infos sur l'Iran

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Reuters

Les marins britanniques capturés par Téhéran avaient notamment pour mission de «collecter des renseignements» sur l'Iran dans le Golfe, selon Sky News. La chaîne de télévision britannique a diffusé le témoignage d'un des marins, antérieur à sa capture, le capitaine Chris Air sur Sky, ajoutant que ces renseignements concernaient «toutes sortes d'activités iraniennes dans la zone».
«Parce qu'évidemment nous sommes tout près de la zone tampon avec l'Iran», a-t-il expliqué.

Libération

Les quinze marins britanniques libérés par l'Iran sont arrivés jeudi vers midi (13h en France) à Londres, après avoir quitté Téhéran à 8h38 locales (7h08 en France). Ils ont évoqué leur captivité dans un communiqué commun diffusé jeudi après-midi. «Les deux dernières semaines ont été très difficiles», affirment-ils.

Ils ont été immédiatement transférés sur un base militaire du Devon (sud-ouest de l'Angleterre) pour y être «débriefés». Ils «subiront des examens médicaux, ils parleront à leur hiérarchie militaire, pour établir ce qui s'est passé. Puis j'imagine qu'on leur donnera du temps avec leur famille», a détaillé le porte-parole du ministère de la Défense.

«C’était un voyage forcé»

Mercredi, Mahmoud Ahmadinejad a créé la surprise en annonçant la «grâce» et la «libération» des otages lors d’une conférence de presse. «Ils sont libres après cette conférence et peuvent retourner dans leurs familles. Je demande à Tony Blair de ne pas punir ces soldats pour avoir accepté de dire la vérité», a-t-il déclaré, faisant allusion à la diffusion ces derniers jours des aveux présumés des 15 militaires quant à leur violation des eaux iraniennes. Le président iranien a d’ailleurs ajouté que le gouvernement britannique s'était engagé dans une lettre à ne pas recommencer à violer le territoire iranien. «Mais cette libération n'est pas liée à cette lettre, a-t-il précisé. Elle est due à la bonté islamique.»

Après sa conférence de presse, le président iranien avait serré la main de certains des marins, vêtus pour l'occasion de costumes civils. «Je suis content de vous rencontrer. Nous sommes très reconnaissants pour cette grâce», a déclaré l'un des Britanniques, tout sourire. «C'était un voyage forcé», a plaisanté le président en parlant à un autre marin, qui a répondu: «Je ne le dirais pas de cette façon mais vous pouvez le dire comme cela.»

Le Premier ministre britannique Tony Blair s'est dit «ravi» de cette libération. «Depuis le début, nous avons adopté une approche mesurée - ferme mais calme, pas de négociation mais pas de confrontation non plus», a-t-il souligné. Le président américain George W. Bush a quant à lui «salué la nouvelle», alors que l'Union européenne y a vu «un début» qui permet d'envisager «d'autres coopérations» entre la République islamique et la communauté internationale.