Le djihad a fait plus de 5.000 morts dans le monde en novembre

TERRORISME Selon une étude réalisée par la BBC avec le Centre international d'études sur la radicalisation, 5.042 personnes auraient été tuées dans 14 pays au cours de 664 attaques le mois dernier...

Mathias Cena

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Des Syriens passent en voiture devant une usine détruite où a été peint le drapeau de Daesh, à Alep, le 18 novembre 2014.
Des Syriens passent en voiture devant une usine détruite où a été peint le drapeau de Daesh, à Alep, le 18 novembre 2014. — JOSEPH EID / AFP

La violence djihadiste aurait fait plus de 5.000 morts en novembre, selon une étude publiée jeudi par la BBC. Réalisée par la télévision britannique avec le Centre international d'études sur la radicalisation (ICSR), cette recherche a été réalisée en croisant les informations fournies par les correspondants de la BBC, les médias locaux et blogs spécialisés avec les chiffres fournies par les ONG et diverses organisations (la méthodologie est expliquée en détails ici).

Cette enquête sur un mois apporte un regard inédit sur les violences djihadistes. Pendant ces 30 jours, 5.042 personnes auraient ainsi été tuées dans 14 pays au cours de 664 attaques par des groupes se réclamant du djihad islamique. Les quatre pays les plus meurtris concentrent 80% de cette violence, l’Irak arrivant en tête avec 1.770 morts au cours de 233 attaques. Viennent ensuite le Nigéria (786 morts), l’Afghanistan (782) et la Syrie (693).

41% des victimes sont des civils

Par groupe djihadiste, l’organisation de l’Etat islamique, aussi appelée Daesh, est le plus meurtrier, devant Boko Haram et les talibans. Daesh a «rejoint, si ce n’est dépassé Al-Qaïda en tant que leader du djihadisme mondial», estime Peter Neumann, le directeur de l’CSR.

L’étude révèle aussi que les victimes sont avant tout des civils: 2.079 morts, soit 41% des tués. Viennent ensuite les militaires (1.723 morts) suivis des djihadistes (935 morts), tués lors d’affrontements ou au cours d’attaques suicide. Ces proportions varient grandement d’un pays à l’autre: ainsi, au Nigéria, 681 des 786 morts étaient des civils, dont au moins 57 enfants, pour 28 militaires tués. En Syrie et en Afghanistan, les attaques ont fait deux fois plus de victimes militaires que civiles.

L’étude note encore la diversification de la violence. «Alors que la violence djihadiste était associée aux attentats à la bombe, note Peter Neumann, les djihadistes emploient une grande diversité de tactiques, allant du terrorisme classique à des opérations moins conventionnelles.» Les chiffres de l’ICSR montrent qu’il y a eu davantage de fusillades, embuscades et tirs d’obus que de bombes, ce qui reflète «l’accent mis sur l’occupation du territoire et la confrontation avec les forces armées».