États-Unis: Deux condamnés à mort exécutés par injection létale

Justice 35 personnes ont été exécutées en 2014 au pays de l'Oncle Sam...

20 Minutes avec agence

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La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé lundi un condamné à mort, qui devait être exécuté par injection mortelle, à contester en justice la méthode prévue.
La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé lundi un condamné à mort, qui devait être exécuté par injection mortelle, à contester en justice la méthode prévue. — Paul K. Buck AFP/Archives

Les avocats des deux condamnés à mort avaient plaidé jusqu'au dernier moment les troubles mentaux et l'irresponsabilité pénale pour leur épargner l'exécution. En vain. Robert Wayne Holsey, 49 ans, et Paul Goodwin, 48 ans, ont été exécutés dans la nuit de mardi à mercredi, respectivement, en Géorgie (sud-est) et au Missouri (centre), après l'ultime feu vert de la Cour suprême.

Robert Wayne Holsey (lire ci-dessous) a été exécuté pour le meurtre d'un policier blanc en 1995, sur fond de protestations raciales aux Etats-Unis après des bavures policières fatales pour des jeunes Noirs, restées pour l'instant impunies. 

Paul Goodwin s'est vu, lui, refuser la suspension de sa peine par le gouverneur du Missouri Jay Nixon. Il avait été condamné pour le meurtre à coups de marteau d'une veuve de 63 ans en 1998, après avoir tenté de l'agresser sexuellement.

Ces dernières exécutions de 2014 interviennent le jour du lancement d'une nouvelle campagne pour l'abolition de la peine capitale dans le pays

35 exécutions en 2014

«La pratique des exécutions sous parrainage du gouvernement n'a sa place dans aucun système judiciaire civilisé», a plaidé l'une des organisations participant à cette campagne, l'Association nationale des avocats pénalistes. «Personne ne sait mieux que les avocats de la défense que le système judiciaire est faillible et qu'il perpétue les disparités raciales et ethniques», a déclaré son directeur Norman Reimer.

Ces exécutions par injection létale étaient les dernières programmées cette année, aux Etats-Unis. Elles portent à 35 le bilan des exécutions en 2014. Un bilan en léger déclin par rapport à 2013 selon le Centre d'information de la peine capitale (DPIC) qui en avait dénombré 39. Il s'agit de la 10e exécution au Missouri, qui devient, à égalité avec le Texas, l'Etat qui a le plus exécuté cette année.

 

A noter que vendredi dernier, la Cour suprême des Etats-Unis a accepté de se pencher sur la question de la santé mentale des condamnés à mort. Et accepté de se saisir d'un des nombreux recours qui lui sont régulièrement présentés et de se pencher sur le cas d'un meurtrier de Louisiane. 

Il s'agira d'établir si Scott Panetti, qui souffre de schizophrénie depuis trente ans et condamné à mort, est pénalement responsable et peut être exécuté. Ses avocats demandaient un sursis le temps de conduire une expertise psychiatrique pour déterminer la responsabilité pénale du prisonnier, ce qui n'a pas été fait depuis sept ans... 

Défendu par un avocat «alcoolique et raciste»

L'exécution de Robert Wayne Holsey, homme noir de 49 ans, a eu lieu après quatre heures d'attente, ses avocats intentant d'ultimes appels devant la Cour suprême. Brian Kammer, son avocat, a insisté sur le fait que Robert Holsey avait été mal défendu à son procès, car il était représenté par un avocat blanc «alcoolique chronique», qui avait proféré des injures racistes à des voisins noirs et avait été incarcéré pour fraude. Et, toujours sans succès, la défense a évoqué le retard intellectuel et l'enfance difficile du condamné, sévèrement battu et humilié par sa mère. Brian Kammer, a souligné que son prédécesseur n'avait pas plaidé les circonstances atténuantes qui auraient pu épargner la peine de mort à Robert Wayne Holsey. La Cour suprême a rejeté ces derniers appels sans commentaires, alors que l'heure initialement prévue pour l'exécution était dépassée.