Les talibans revendiquent l'enlèvement de deux Français

— 

La force de l'OTAN a annoncé mardi le début de sa "grande offensive" contre les talibans avec l'envoi de plus 5.000 hommes dans la province d'Helmand (sud de l'Afghanistan), haut lieu de l'insurrection et du trafic d'opium, qui échappe en grande partie au contrôle des autorités.
La force de l'OTAN a annoncé mardi le début de sa "grande offensive" contre les talibans avec l'envoi de plus 5.000 hommes dans la province d'Helmand (sud de l'Afghanistan), haut lieu de l'insurrection et du trafic d'opium, qui échappe en grande partie au contrôle des autorités. — SHAH Marai AFP/Archives

Une organisation humanitaire française, Terre d'enfance, est sans nouvelle depuis mardi de deux de ses volontaires français et de leurs trois accompagnateurs dans le sud-ouest de l'Afghanistan, a-t-on appris mercredi auprès des autorités françaises et afghanes.

Mercredi soir, les talibans ont affirmé mercredi à l'AFP avoir enlevé les deux employés français d'une ONG et leurs trois accompagnateurs afghans qui sont portés disparus depuis mardi.

«Nous avons capturé deux Français, un homme et une femme, et trois Afghans, deux interprètes et un chauffeur, sur la route entre les provinces de Nimroz et de Farah», a déclaré par téléphone à l'AFP un porte-parole habituel des talibans, Youssouf Ahmadi.

Les deux Français et leur chauffeur, un garde et un cuisinier afghans ont disparu alors qu'ils étaient partis de la province de Nimroz (sud-ouest) pour se rendre par la route plus au nord à Hérat via la province conflictuelle de Farah, a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Zemarai Bashary. «Leur interprète a téléphoné à la police pour dire qu'il avait perdu le contact avec ses collègues hier à 9h00» (04H30 GMT), a-t-il dit en soulignant que des recherches étaient en cours pour les retrouver.

A Paris, le ministère français des Affaires étrangères a indiqué avoir été contacté «par l'ONG Terre d'enfance qui est sans nouvelle depuis hier matin de deux de ses volontaires, ressortissants français, en mission en Afghanistan, ainsi que de leurs trois accompagnateurs afghans».

«Le ministère des Affaires étrangères ainsi que notre ambassade à Kaboul suivent cette affaire avec attention en liaison avec les autorités locales, comme avec l'ONG française», a déclaré le porte-parole adjoint du ministère Denis Simonneau. Contacté par l'AFP en France, un responsable de Terre d'enfance a refusé de s'exprimer tant que ne serait pas connues les raisons de la disparition de ses collaborateurs en Afghanistan.

«Terre d'enfance», une association créée en janvier dernier, gère notamment un centre communautaire féminin à Zaranj, la capitale de Nimroz à la frontière iranienne, où travaillent deux ressortissants français et huit Afghans, selon le site internet de l'ONG.

Aucune force internationale n'est déployée dans cette province, limitrophe de celle d'Helmand qui se trouve au coeur de l'insurrection des talibans. De nombreux talibans ont trouvé refuge dans la province de Nimroz, selon les troupes canadiennes déployées dans le sud.

Plusieurs journalistes et employés d'organisations humanitaires ont été enlevés ces derniers mois en Afghanistan, notamment dans le sud du pays, des rapts qui ont été dans plusieurs cas revendiqués par les talibans. En 2004, cinq employés de Médecins Sans Frontières, dont trois expatriés belge, néerlandais et norvégien, avaient été tués lors d'une embuscade dans la province reculée de Badghis (nord-ouest).