Journée internationale des droits de l'homme: Les dérives des politiques sécuritaires dans le collimateur

MONDE Comme chaque année, Amnesty International se mobilise pour la journée internationale des droits de l'homme...

Bérénice Dubuc

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Visuel de l'opération «10 jours pour signer».
Visuel de l'opération «10 jours pour signer». — Amnesty International France

«Ne pas fermer les yeux sur les violations des droits humains, c’est un premier acte militant», martèle Geneviève Garrigos, présidente d'Amnesty International France. A l’occasion de la journée internationale des droits de l'homme, l’ONG a lancé sa campagne annuelle «10 jours pour signer», et organise mercredi à partir de 14h à la Gaîté Lyrique à Paris une journée de mobilisation, de conférences et de débats pour dénoncer les violations massives des droits humains commises dans le cadre des politiques sécuritaires.

«Chaque année, cette mobilisation permet de libérer ou de protéger un peu mieux des personnes dont les droits sont bafoués», note Geneviève Garrigos. L’an dernier, quelque 2,3 millions de signatures avaient été recueillies à travers le monde, dont quelque 600.000 en France. «Et ces signatures permettent d’avoir un impact: le 30 janvier, Tun Aung, un défenseur birman de la minorité Rohingya, condamné à 13 ans de prison en 2012, a bénéficié de 10 ans de remise de peine, et en avril, Nguyen Tien Trung, un blogueur vietnamien, a été remis en liberté après 4 ans et demi de prison, après une amnistie spéciale du président», égrène la présidente d'Amnesty.

Vidéoconférence d’Edward Snowden

Cette année, l’ONG propose donc de mettre en lumière la situation de douze personnes en danger (emprisonnées, discriminées, qui n’obtiennent pas réparation…) et que le public français peut soutenir. Mercredi après-midi, au lendemain de la publication d'un rapport choc sur les techniques d'interrogatoires de la CIA, la lumière sera mise sur la lutte contre la torture avec une table-ronde intitulée «Torture et sécurité: le système américain», notamment en présence du major Jason Wright, ancien avocat de détenus de Guantanamo. Autre thème mis à l'honneur : la lutte contre l’impunité des multinationales qui commettent des violations des droits humains, via une rencontre avec Sanjay Verma, survivant de la catastrophe de Bhopal (Inde) qui a fait plus de 10.000 morts il y a tout juste 30 ans lors de la fuite de gaz, mais qui continue de tuer et d’avoir des conséquences sur la population locale aujourd’hui.

Enfin, le respect des libertés fondamentales dans la sphère numérique sera aussi mis en avant, avec une vidéoconférence de l'ancien consultant de l'Agence américaine de sécurité (NSA) et lanceur d'alerte Edward Snowden, une première en France. «Cette journée est aussi une façon de dénoncer le silence des opinions publiques, voire leur justification de ces différentes violations», au nom de la sécurité ou du développement et de la compétitivité économiques, note Geneviève Garrigos