VIDEO. Serge Lazarevic a-t-il été libéré contre une rançon et un échange de prisonniers?

OTAGES Les circonstances de la libération sont encore floues…

W.M.

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Serge Lazarevic en mai 2009
Serge Lazarevic en mai 2009 — AP/SIPA

Elle espérait «une libération [de son père] pour Noël». Les vœux de Diane, la fille de Serge Lazarevic, dernier otage Français à être libéré, seront exaucés. Mais à peine rendu à ses proches, le Français va être au cœur d'une interrogation sur les conditions de sa libération. Comme à chaque fois, d'ailleurs, lorsque des otages sont rendus à la France.

>> A lire sur 20 Minutes: Peut-on ne pas payer de rançon?

Officiellement, le pays ne paye pas de rançon. Mais régulièrement, les spécialistes de la question nuancent cette version, assurant qu’en coulisse, la France mettrait la main au portefeuille, comme dans cet article du Monde qui révélait il y a un an les dessous de la libération des quatre otages d’Arlit au Niger.

«Forcément, on a payé»

Comment ont été menées les négociations pour faire libérer Serge Lazarevic? «Forcément on a payé une rançon, on a obtenu la libération de détenus dans les prisons maliennes ou nigériennes», a réagi sur BFM TV Alain Marsaud, député UMP des Français de l’étranger et ancien magistrat chef du Service central de lutte antiterroriste au parquet de Paris dans les années 1980.

 

«Il faut choisir. On peut prendre la position de monsieur Obama qui consiste à ne pas négocier et voir ses otages assassinés ou bien notre position qui consiste à négocier sans vouloir l’avouer. Il n’y a pas un Français qui croit un seul instant qu’on a libéré Lazarevic pour les beaux yeux de monsieur Hollande.»

Echange de prisonniers d’AQMI

Déjà, dimanche, un média nigérien annonçait «dans les prochains jours» la libération de l’otage français. «Il sera échangé contre deux prisonniers d’AQMI qui étaient dans la grande prison de Bamako», écrivait Sahelien.com, citant un élu local du nord du Mali. Il pourrait s’agir, selon cette même source de Mohamed Ali Ag Wadossene et Heiba Ag Acherif. Ces deux djihadistes, détenus à Bamako, étaient à l’origine de son enlèvement. Leurs noms apparaîtraient aussi dans l’enquête sur l’assassinat de Claude Verlon et Ghislaine Dupont, les deux envoyés spéciaux de RFI enlevés à Kidal en novembre 2013.

La fille de Serge Lazarevic, Diane, avait auparavant évoqué la question de la rançon. Lors de la libération des quatre otages d’Areva, elle avait assuré que le Quai d’Orsay lui aurait garanti qu’Areva «paierait» aussi pour la libération de son père. Mais ne voyant pas son père libéré, Diane Lazarevic avait déclaré sur i>Télé: «J’ai l’impression qu’on m’a gentiment endormie pour que je ne fasse pas d’esclandre.»