Yémen: Les Etats-Unis défendent leur opération de sauvetage ratée

MONDE L’opération menée samedi a conduit au décès de deux otages: l’Américain Luke Somers et le Sud-Africain Pierre Korkie…

20 Minutes avec AFP

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L'Américain Luke Sommers, tué samedi 6 décembre 2014 au Yémen.
L'Américain Luke Sommers, tué samedi 6 décembre 2014 au Yémen. — REX/REX/SIPA

Les Etats-Unis ont défendu le bien-fondé de l'opération lancée samedi au Yémen pour libérer l'otage américain Luke Somers même si son échec a conduit à son décès et à celui d'un Sud-Africain qui s'apprêtait à être relâché par Al-Qaïda selon une ONG.

Le président Barack Obama est rapidement monté au créneau pour affirmer avoir «autorisé cette opération de sauvetage en coopération avec le gouvernement yéménite» après des «informations indiquant que la vie de Luke était en danger immédiat».

Les circonstances floues de leur mort

Au cours de cette opération, Luke Somers, un photojournaliste de 33 ans kidnappé en septembre 2013 à Sanaa, et Pierre Korkie, un enseignant sud-africain retenu depuis mai 2013, «ont été assassinés par les terroristes de l'Aqpa» (Al-Qaïda dans la péninsule arabique), selon le secrétaire d'Etat américain Chuck Hagel.

Les circonstances exactes de leur mort restaient incertaines dimanche. Les autorités yéménites soutiennent, comme Washington, que les ravisseurs «ont tiré sur les deux otages pour les liquider» après avoir «refusé de se rendre», selon la haute commission de sécurité à Sanaa.

Dix combattants présumés d'Al-Qaïda ont été tués et quatre membres des forces antiterroristes yéménites ont été blessés lors de l'opération, a indiqué le gouvernement de Sanaa. Il n'y aurait pas eu de victimes civiles, selon des sources sécuritaires.

«La faiblesse des informations»

Le sauvetage a échoué en raison de «la faiblesse des informations rassemblées par les services de renseignement américains sur le lieu de détention des otages et les mouvements de leurs ravisseurs», a estimé Mustafa Alani, spécialisé dans les affaires de sécurité et du terrorisme. «Les Américains ont la capacité de mobiliser des commandos mais leurs renseignements restent faibles», a ajouté cet expert du Gulf Research Centre, basé à Genève.

Al-Qaïda n'avait pas encore donné dimanche sa version des événements survenus à Noussib, une région reculée de Chabwa dans le sud-est du pays. La mission était «extrêmement dangereuse et compliquée», a reconnu le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel, ajoutant que de telles «opérations présentent toujours un risque». Elle a été lancée dans l'urgence sur la base de «très bonnes indications» selon lesquelles Somers allait être tué de façon imminente, peut-être dès samedi.

24 heures avant l'expiration de l'ultimatum

Les forces spéciales sont intervenues moins de 24 heures avant l'expiration de l'ultimatum d'Aqpa, qui avait menacé jeudi de tuer Luke Somers si Washington ne répondait pas à des exigences non précisées. Une précédente opération avait été menée il y a une dizaine de jours, permettant de libérer huit otages mais pas Luke Somers.

L'enseignant s'apprêtait à recouvrer la liberté

Les Américains ont affirmé ne pas avoir su que Pierre Korkie était également détenu dans les mêmes lieux. Sans chercher à polémiquer, l'association caritative sud-africaine musulmane Gift of the Givers, qui négociait depuis un an sa libération, a fait savoir que l'enseignant s'apprêtait à recouvrer la liberté, peut être dès dimanche. Selon cette ONG, les ravisseurs réclamaient une rançon de trois millions de dollars mais avaient récemment envisagé de réduire leurs prétentions.