Angela Merkel juge insuffisantes les réformes en France et en Italie

MONDE L'entretien de la chancelière allemande est publié deux jours avant sa réélection attendue à la tête de son parti CDU...

20 Minutes avec AFP

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Angela Merkel, le 3 décembre 2014, à Berlin.
Angela Merkel, le 3 décembre 2014, à Berlin. — Reynaldo Paganelli/SIPA

Les réformes engagées en France et en Italie sont insuffisantes, juge la chancelière allemande Angela Merkel dans une interview paru dimanche, une semaine après le répit accordé par Bruxelles aux deux pays pour améliorer leurs finances.

«Pas encore suffisant»

La Commission européenne «a établi un calendrier selon lequel la France et l'Italie devront présenter des mesures supplémentaires. C'est justifié car les deux pays se trouvent effectivement dans un processus de réformes», a déclaré Angela Merkel au quotidien conservateur Die Welt. «Mais la Commission a aussi dit de façon claire que ce qui est jusqu'à présent sur la table n'est pas encore suffisant. Ce avec quoi je suis d'accord», a ajouté la chancelière conservatrice.

Cet entretien est publié deux jours avant la réélection attendue d’Angela Merkel à la tête de son parti CDU, dont les militants sont extrêmement sensibles au discours de rigueur de celle qui dirige depuis neuf ans la première économie européenne.

Un dernier répit accordé à Paris et à Rome

Il y a une semaine, la Commission européenne a accordé un dernier répit à Paris et à Rome, en renvoyant au printemps son verdict sur leurs budgets 2015 mais en exigeant plus d'efforts pour améliorer leurs finances publiques, sous peine de sanctions.

La France et l'Italie ont un déficit ou une dette qui ne respecte pas les limites fixées et leurs projets de budget 2015 présentent donc «un risque de non-conformité» avec les règles européennes, avait souligné Bruxelles. Cela les expose à terme à des sanctions financières, un scénario encore inédit.

Vives tensions franco-allemandes

Irritée par les déficits publics français trop élevés, l'Allemagne a multiplié les coups de griffe contre Paris ces dernières semaines, signe de vives tensions franco-allemandes sur fond de discussions sur le budget français et de différends sur la politique économique. Berlin a pris garde de ne pas apparaître publiquement dans le débat jusqu'à présent.

En dépit de plusieurs initiatives et rencontres ministérielles franco-allemandes, les lignes de fractures ne semblent pas avoir beaucoup bougé entre les deux capitales, Paris réclamant un soutien franc de son partenaire allemand à la croissance, et Berlin insistant sur les réformes et le sérieux budgétaire.