Poutine espère que la Russie sera remboursée si la France ne livre pas les Mistral

DIPLOMATIE Le président russe a rencontré François Hollande ce samedi...

20 Minutes avec AFP

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Un des deux navires Mistral dans le port de Saint-Nazaire, le 26 novembre 2014
Un des deux navires Mistral dans le port de Saint-Nazaire, le 26 novembre 2014 — Georges Gobet AFP

Le président Vladimir Poutine a indiqué samedi espérer que la Russie serait remboursée si la France ne livre pas les navires de guerre Mistral, après une rencontre avec son homologue français François Hollande.

«Nous n'avons même pas évoqué le sujet [des Mistral]», a déclaré l'homme fort du Kremlin à des journalistes. «Il y a un contrat, nous partons du principe qu'il sera respecté, sinon nous espérons qu'on nous rendra l'argent que nous avons payé». «Il y a un contrat, nous partons du principe qu'il sera respecté, sinon nous espérons qu'on nous rendra l'argent que nous avons payé».

«Pour l'instant on ne livre pas»

Ces déclarations de Vladimir Poutine interviennent au lendemain d'un rappel à l'ordre de Moscou: la France doit «remplir toutes ses obligations» et livrer à la Russie les navires de guerre Mistral qu'elle lui a vendus, faute de quoi sa «réputation» sera en jeu. Or c'est précisément la guerre en Ukraine qui, de l'avis de la France, empêche la livraison du premier des deux navires Mistral que Paris a vendus à la Russie, un contrat qui déplaît aux Américains, dans le climat actuel d'un retour à une Guerre froide.

François Hollande avait ainsi annoncé le 25 novembre le report «jusqu'à nouvel ordre» de la livraison du premier Mistral, considérant «que la situation actuelle dans l'est de l'Ukraine» ne permettait toujours pas cette livraison. «Pour l'instant on ne livre pas», a encore déclaré vendredi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avant d'ajouter: «On pourrait ne jamais livrer. Il faut que les Russes se rendent compte de cette situation».

Des «couteaux suisses» des marines de guerre modernes

Face au refus de François Hollande d'honorer une vente conclue en juin 2011 par son prédécesseur Nicolas Sarkozy, Moscou a proféré des menaces d'amendes et de dédommagements, selon les termes négociés par les deux parties. Premier d'une série de deux Mistral, le Vladivostok devait initialement être remis à Moscou mi-novembre, dans le cadre d'un contrat de 1,2 milliard d'euros entre la Russie et le constructeur naval français DCNS.

Les Mistral sont des navires polyvalents, pouvant transporter des troupes, des hélicoptères, des chars, et mettre à l'eau des chalands de débarquement, grâce à leur radier, une « porte » aménagée à la surface de l'eau. Véritables «couteaux suisses» des marines de guerre modernes, ils sont utilisés pour des opérations de projection, pour accueillir un état-major embarqué ou un hôpital équivalent aux besoins d'une ville de 25.000 habitants.