L'Ukraine secouée par une crise politique

ELECTIONS Le président pro-occidental Iouchtchenko a décidé de dissoudre le Parlement...

Faustine Vincent

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Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko, réputé pro-occidental, a menacé jeudi de dissoudre le Parlement après des mois de conflits avec sa majorité pro-russe, un scénario à haut risque dans un paysage politique chaotique.
Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko, réputé pro-occidental, a menacé jeudi de dissoudre le Parlement après des mois de conflits avec sa majorité pro-russe, un scénario à haut risque dans un paysage politique chaotique. — Sergei Supinsky AFP

Coup de tonnerre politique en Ukraine. Le président pro-occidental Viktor Iouchtchenko a décidé lundi de dissoudre le Parlement, ouvrant la voie à des élections législatives anticipées après huit mois de cohabitation difficile. Rompant avec sa politique de compromis, il a pris cette décision après l'échec hier des négociations avec la coalition gouvernementale prorusse du Premier ministre Viktor Ianoukovitch, qu'il accuse de violer la Constitution en le privant de certaines de ses prérogatives.« Aujourd'hui, j'ai signé le décret sur une interruption avant terme des pouvoirs du Parlement », a-t-il déclaré dans une allocution retransmise à la télévision. « Ce n'est pas seulement mon droit, c'est aussi mon devoir », a-t-il ajouté. « C'est une grande victoire pour le clan pro-occidental », venu manifester par dizaines de milliers samedi sur la célèbre place de Kiev, emblématique de la Révolution orange de 2004, affirme Annie Daubenton, spécialiste de l'Ukraine à L'Ifri. « Il a finalement décidé de dissoudre le Parlement sous l'impulsion de Ioulia Timochenko du bloc de l'opposition pro-occidentale, qui redevient ainsi un personnage politique de premier plan. » La question, désormais, c'est de savoir quel parti ces élections, fixées au 27 mai, vont arranger. « Dans l'état actuel de déliquescence politique, c'est difficile à dire, note la chercheuse. C'est le début d'une bataille ». Encore faut-il que la décision présidentielle ne soit pas contrecarrée par le clan pro-russe. Or ce dernier a déjà adopté hier une résolution disant que cette décision n'avait aucun fondement légal.

recrutement la coalition prorusse du Premier ministre (environ 250 députés sur 450) a recruté des parlementaires pro-occidentaux, qui sont passés depuis dans son giron. Elle compte acquérir la majorité constitutionnelle avec 300 voix d'ici à mai.