Presse: La Colombie parmi les pays les plus dangereux pour les journalistes

Medias Attentats, intimidation, assassinats: la Colombie reste le pays qui porte le plus atteinte aux libertés de la presse...

20 Minutes avec agences
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Le journaliste français Roméo Langlois, retenu 33 jours par les Farc, lors d'une conférence presse à Bogota (Colombie) le 31 mai 2012.
Le journaliste français Roméo Langlois, retenu 33 jours par les Farc, lors d'une conférence presse à Bogota (Colombie) le 31 mai 2012. — ELIANA APONTE/CHINE/SIPA

Censures, intimidations et agressions : les menaces restent d'actualité pour les journalistes en Colombie, malgré le processus de paix engagé pour mettre fin à un conflit interieur d'un demi-siècle*.

Ainsi, la Fondation pour la liberté de la presse (FLIP), principale organisation de défense des journalistes en Colombie, a décompté depuis 1977 quelque 142 meurtres de journalistes. Et pour la seule année 2014, l'association a recensé deux morts et 120 violations des droits fondamentaux, des attaques qui touchent un journaliste sur dix.

Des meutres impunis

Rien que cette semaine, les Aigles noirs, criminels issus de groupes paramilitaires, ont signé des menaces de mort envoyées à deux chaînes de télévision, Canal Capital et Telesur, les accusant de servir de «caisse de résonance au processus de paix».

Directrice de l'Unité d'attention et de réparation intégrale aux victimes (UARIV), une autre entité publique, Paula Gaviria reconnaît que le «travail des journalistes est déconsidéré par la société». Alors que selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), une ONG basée à New York, la Colombie est le cinquième pays au monde pour le nombre de meurtres de journalistes impunis.

Protégé par des gardes du corps

En 2013, les agents de l'Union nationale de protection (UNP) ont alors veillé sur la sécurité de 112 journalistes, seulement une partie de la profession. Parmi lesquels Ariel Avila. «J'ai été victime de trois tentatives d'attentats», confie ce directeur adjoint de la fondation Paix et Réconciliation, qui publie des analyses sur les pourparlers en cours depuis deux ans avec la rébellion marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Ce trentenaire à l'allure décontractée énumère, avec un calme étonnant, une intrusion à son domicile, un attentat à la bombe déjoué sur sa voiture, ou encore une tentative d'assassinat dans un hôtel. Impossible pour lui de boire un café au coin de la rue ou d'aller au centre commercial. Mais malgré une vie privée difficile, ce journaliste, protégé par des gardes du corps, refuse d'abandonner son combat pour le droit d'informer.

​*Selon le classement publié en février dernier par Reporters sans frontières, la Colombie se trouve au 126e rang en termes de liberté d'expression, sur 180 pays étudiés, juste devant le Mexique et Cuba.