Affaire Zeitouni: 6 ans requis contre le conducteur du 4X4

JUSTICE Il avait pris la fuite en France après avoir renversé et tué une jeune Israélienne, Lee Zeitouni...

20 Minutes avec AFP

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Claude Khayat, le passager du véhicule qui avait fauché la jeune israélienne Lee Zeitouni, morte à Tel Aviv en 2011, a été mis en examen jeudi à Paris, deux jours après le conducteur, a-t-on appris de source judiciaire.
Claude Khayat, le passager du véhicule qui avait fauché la jeune israélienne Lee Zeitouni, morte à Tel Aviv en 2011, a été mis en examen jeudi à Paris, deux jours après le conducteur, a-t-on appris de source judiciaire. — Jack Guez AFP

Le procureur a requis mercredi six ans de prison ferme assortis d'un mandat de dépôt (incarcération) à l'encontre d'Eric Robic, le conducteur jugé à Paris pour avoir tué avec sa puissante 4X4 la jeune Israélienne Lee Zeitouni à Tel Aviv en 2011. Il a également réclamé trois ans de prison, dont un ferme, à l'encontre de son passager, Claude Khayat.

Eric Robic, dont le procureur a fustigé «l'immoralité totale», a reconnu avoir bu, et les deux hommes avaient pris la fuite et s'étaient réfugiés en France après l'accident. Conduisant trop vite et «faisant le fou» avant l'accident, le conducteur «ne peut pas ne pas être conscient qu'il joue avec la vie des autres», a dénoncé le procureur Henry Guyomar. Tout ça pour «se sentir affranchi de toutes les règles, flatter sa vanité, son sentiment de puissance».

Plusieurs condamnations

La fuite ensuite, «d'abord un geste de lâcheté et d'une grande dissimulation», qui font que «l'on ne saura jamais exactement pour l'alcool ou pour la drogue» qu'aurait pris Eric Robic. Tout cela mérite «des années de prison» pour cet homme qui, avec déjà plusieurs condamnations, notamment pour délits routiers, «prospère dans l'argent facile et mal acquis, n'a aucun scrupule à escroquer son prochain».

Claude Khayat, lui, avait «pleinement conscience du risque qu'il y avait à laisser conduire Robic» dans son état, après une nuit blanche dans les bars et boîtes de nuit. Il a en outre «immédiatement perçu la gravité de l'accident». «Oui il se comportait d'une façon démente au volant de cette puissante voiture, alcoolisé, à plus de cent», a lancé Me Françoise Cotta, avocate de Robic.

«Un salaud, mais un salaud ordinaire»

Mais son client, a-t-elle dit, est détruit par cette affaire, il «souffre, continue de souffrir et va souffrir pour l'éternité», exclu de sa communauté par le grand rabbin de France. Puis, dénonçant «une formidable opération de communication» autour de l'affaire, elle a dit au tribunal «être sûre» qu'il résisterait «à toutes les pressions». Pour Claude Khayat, Me Régis Méliodon reconnaît qu'il a été «lâche», «un salaud, mais un salaud ordinaire». Mais il dénonce la «chronique d'une condamnation annoncée, la vox populi le demande» et se dit «choqué des pressions d'Israël sur la justice».