Espionnage Israël-USA: Un ancien agent secret mouille Shimon Peres dans l'affaire Pollard

diplomatie L'ex-Premier ministre Shimon Peres connaissait l'existence de l'espion Jonathan Pollard...

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants israéliens réclament la libération de l'espion Jonathan Pollard devant l'ambassade des Etats-Unis à Tel Aviv le 19 juin 2011
Des manifestants israéliens réclament la libération de l'espion Jonathan Pollard devant l'ambassade des Etats-Unis à Tel Aviv le 19 juin 2011 — David Buimovitch AFP

C'est ce qui s'appelle vider son sac. Rafi Eytan, ancien chef d'un service de renseignements scientifiques a déclaré que Shimon Pérès était au courant, à l'époque, de la présence d'un espion israélien au sein des services de sécurité et de l'armée américaine.

Rafi Eytan avait recruté Jonathan Pollard, un analyste de la marine américaine qui a fourni de très nombreux documents secrets sur les pays arabes à Israël. M. Eytan avait jusqu'à présent toujours assumé seul la responsabilité d'avoir recruté et manipulé Jonathan Pollard, condamné en 1987 à la prison à perpétuité et toujours détenu aux Etats-Unis.

Mais, à la question «est-ce que Shimon Peres et Yitzhak Rabin (à l'époque ministre de la Défense, ndlr) étaient au courant de l'existence d'un agent israélien au sein des services de sécurité et de l'armée américaine?», Rafi Eytan a répondu à la deuxième chaîne de télévision privée: «c'est évident, je n'ai jamais menti à aucun gouvernement israélien».

Une affaire aux très lourdes conséquences

Cette affaire continue à peser sur les relations entre Israël et les Etats-Unis. Malgré toutes les pressions exercées par les dirigeants israéliens, les autorités américaines refusent de libérer Jonathan Pollard. Son arrestation avait déclenché une crise qui ne s'était résolue qu'avec la promesse des Israéliens de mettre un terme à toutes leurs activités d'espionnage sur le sol américain.

Mais, en mais dernier, des révélations de l'hebdomadaire américain Newsweek, selon lesquelles Israël continuerait à espionner les Etats-Unis, avaient relancé ce débat. Plusieurs ministres israéliens avaient alors démenti ces accusations, affirmant qu'Israël honorait ses engagements pris après l'affaire Pollard.