Daesh: Mais que se passe-t-il à Kobané?

SYRIE «20 Minutes» revient sur les événements du week-end en quatre points...

C.B. avec AFP

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Un combattant kurde syrien dans une rue de Kobané
Un combattant kurde syrien dans une rue de Kobané — Jake Simkin/AP/SIPA

Le week-end a été particulièrement meurtrier en Syrie. L’organisation de l’Etat islamique (EI) cherche toujours à s’emparer de la ville de Kobané mais se heurte à la résistance kurde et à la coalition internationale. 20 Minutes fait le point.

Que s’est-il passé à Kobané?

Les djihadistes de Daesh ont subi ce week-end un sérieux revers: ils ont perdu au moins 50 de leurs combattants. Soit l’un des bilans les plus lourds pour l’organisation de l’EI depuis qu’elle tente de prendre le contrôle de cette ville kurde syrienne nichée à la frontière turque.

Ces djihadistes ont été tués «dans des frappes aériennes de la coalition dirigée par les Etats-Unis, dans les violents combats contre les Kurdes et dans cinq attaques suicide menées à travers Kobané», a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Mais Daesh serait tout de même parvenu à enlever une femme combattante.

Qui est la femme enlevée?

Il pourrait s’agir de Gill Rosenberg, une jeune Israélo-Canadienne combattant dans les forces israéliennes et engagée dans les rangs kurdes contre l'EI. L’information n’est confirmée ni par Israël, qui affirme «ne rien savoir», ni par le Canada, qui indique toutefois examiner «tous les réseaux appropriés pour réunir davantage d'informations».

L’enlèvement a en tout cas été annoncé sur un forum en ligne par un militant de Daesh. Il a plus précisément écrit que l’EI avait capturé une «femme militaire sioniste» à Kobané et que l’organisation discutait de son exécution ou de son échange contre «un millier de musulmanes détenues par Israël». C’est SITE, le centre américain de surveillance des sites islamistes, qui a repéré l’information.

A quoi joue la Turquie?

Samedi, Daesh a mené pour la première fois une double attaque suicide contre un poste-frontière tout proche de Kobané. Si cet assaut avait fonctionné, l’organisation aurait pu encercler totalement la ville. D’après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et le PYD, le principal parti kurde de Syrie, les kamikazes seraient venus «du côté turc» de la frontière. Ce que nie fermement Ankara, qui dénonce un «mensonge grossier».

Le HDP, le principal parti kurde de Turquie, a toutefois exigé dimanche l'ouverture d'une enquête sur le sujet. «Est-ce que les villages (turcs) évacués par l'Etat l'ont été pour faciliter le passage des gangs du groupe EI?», a demandé un député du HDP dans une question écrite au Premier ministre Ahmet Davutoglu.

Que faut-il attendre de la rencontre Erdogan-Poutine?

Vladimir Poutine, le président russe, rencontrera cet après-midi son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara. Officiellement, les deux hommes doivent discuter gaz naturel et échanges commerciaux, mais ils aborderont sans doute la question syrienne.

Une problématique qui les divise, puisque Poutine soutient fermement Bachar al-Assad, alors qu’Erdogan en est un farouche opposant. Mais les deux dirigeants s’accordent sur un point: la nécessité de lutter contre Daesh. «Il pourrait y avoir un rapprochement sur la Syrie car l'apparition de l'EI est un développement que la Russie a au moins autant d'intérêt, si ce n'est plus, que la Turquie à combattre», estime Ilter Turan, de l'université d'Istanbul.