Colombie: Les Farc relâchent le général enlevé il y a deux semaines

GUERILLA L'enlèvement avait causé un véritable choc en Colombie...

N.Beu. avec AFP

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Le ministre colombien de la Défense avec des hauts gradés (à gauche) et le général Ruben Alzate (à droite) qui vient d'être relâché par les Farc, à Medellin, le 30 novembre 2014.
Le ministre colombien de la Défense avec des hauts gradés (à gauche) et le général Ruben Alzate (à droite) qui vient d'être relâché par les Farc, à Medellin, le 30 novembre 2014. — HO / Colombian Ministry of Defense / AFP

Deux semaines après sa capture retentissante, la guérilla des Farc a relâché un général dimanche en Colombie afin de renouer le processus de paix, proposant un «armistice» au gouvernement qui a jusqu'ici rejeté tout cessez-le-feu.

Une mission humanitaire a récupéré l'officier supérieur âgé de 55 ans, Ruben Alzate, ainsi que le caporal Jorge Rodriguez, et une conseillère de l'armée, Gloria Urrego, enlevés pendant une mission le 16 novembre par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) dans la province du Choco, sur la côte Pacifique. Ce dénouement «contribue à retrouver le climat propice pour continuer les négociations», s'est félicité le président Juan Manuel Santos, qui exigeait ces libérations pour la restauration du dialogue avec les Farc, délocalisé depuis deux ans à Cuba.

Un véritable choc en Colombie

Depuis La Havane, la guérilla a appelé le président Santos à «changer les règles du jeu». «Nous ne pouvons pas prolonger cette absurdité de mener des négociations de paix au milieu de la guerre», a-t-elle insisté, plaidant pour un «armistice». Mais Santos a réaffirmé sa «conviction» selon laquelle l'absence d'un cessez-le-feu «a été la meilleure manière» de «préserver» le processus de paix. L'Union européenne (UE), qui a salué les libérations tout comme l'Organisation des Etats Américains (OEA), a appelé à une «reprise rapide des négociations».

Dans la soirée, le chef de la délégation gouvernementale pour les pourparlers, Humberto de la Calle, a annoncé son retour lundi dans la capitale cubaine pour faire une «évaluation» de la situation avec les Farc et prendre des «décisions rapides» pour aboutir à une «désescalade du conflit». Signe fort affiché par la rébellion, un commandant des Farc, Pastor Alape, voyageant depuis La Havane, avait lui-même remis le général à la mission menée sous l'égide du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), avec des représentants de Cuba et de la Norvège, pays garants du processus de paix.

Véritable choc en Colombie, l'enlèvement du général, plus haut gradé tombé aux mains de la guérilla en un demi-siècle, avait entraîné une interruption du dialogue lancé pour mettre fin au conflit le plus ancien d'Amérique latine avec 220.000 morts et 5,3 millions de déplacés, selon des chiffres officiels.