VIDEO. Décès de Michael Brown: «La ségrégation hante encore pas mal les esprits», témoigne un expatrié à Philadelphie

VOUS TÉMOIGNEZ Alexandre vit dans le Nord-Est des Etats-Unis. Il a assisté à une manifestation après l'annonce de l'abandon des poursuites contre Darren Wilson…

Christine Laemmel

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Manifestation du 24 novembre à Philadelphie, après l'annonce de non-inculpation du policier qui a tiré sur Michael Brown Lancer le diaporama
Manifestation du 24 novembre à Philadelphie, après l'annonce de non-inculpation du policier qui a tiré sur Michael Brown — Alexandre, internaute de «20 Minutes»

Alexandre a posé le pied sur le sol américain début septembre. Un mois avant, le 9 août, Michael Brown se faisait tuer de plusieurs balles par Darren Wilson, un policier blanc. Depuis, installé chez des amis américains, cet étudiant découvre comment l’affaire tourmente le pays. Point d’orgue, le 24 novembre, quand un jury a décidé d’abandonner les charges contre le tireur. A Ferguson, dans le Missouri, puis dans plusieurs villes du pays, des Américains choqués, descendent dans la rue. Ce lundi, Alexandre a rejoint la manifestation qui se tenait à Philadelphie. Il nous raconte sa soirée en photos et vidéos.

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«C’était juste après l’annonce qui disait que le policier ne serait pas inculpé, se souvient cet expatrié. Je voulais voir par moi-même quel était l’avis des gens sur place.» Résultat, il tombe sur «guère plus de 400 personnes», mais très encadrées. «Rues bloquées, hélicoptères et policier à pied ou à vélos» encadrent les manifestants. Le cortège se lance à 21h, «sûrement organisé à la dernière minute», le jugement était tombé moins de deux heures avant

Manifestation du 24 novembre à Philadelphie, après l'annonce de non-inculpation du policier qui a tiré sur Michael Brown - Alexandre, internaute de «20 Minutes»

 

En progressant vers l’hôtel de ville, «dans le calme», les slogans «sur le racisme et la violence de la police», sont repris par la foule. «Black lives matter», (la vie des noirs compte), «no justice, no peace, no racist police», (pas de justice, pas de paix, pas de police raciste), «justice for Mike Brown». Les mains levées, comme l’illustre la vidéo tournée par Alexandre, les manifestants scandent: «Hands up, don't shoot» (Mains en l’air, ne tirez pas). A la fin, des anonymes sont invités à prendre la parole, avec «des discours très accès sur l’égalité "black, brown and white"».

«Si Michael Brown avait été blanc, son sort aurait été différent»

Des échos cueillis ce soir-là ou des discussions avec son entourage, un traumatisme saute aux yeux d’Alexandre: les références à la ségrégation.  «C'est une partie de l'histoire des Etats-Unis qui est encore fraîche et qui semble hanter pas mal les esprits.» Si d’un Etat à l’autre, les réactions sont plus ou moins animées, cet internaute perçoit un large désaccord avec le blanchiment de Darren Wilson. «De mon point de vue, il me semble difficile de faire l'impasse sur le racisme d'une certaine partie des autorités, c'est vraiment révoltant, réagit-il. J’ai vraiment la sensation que les gens ici sont conscients de l’injustice et se disent que si Mickael Brown avait été blanc, son sort aurait été différent.»

Manifestation du 24 novembre à Philadelphie, après l'annonce de non-inculpation du policier qui a tiré sur Michael Brown - Alexandre, internaute de «20 Minutes»

 

Mardi, les habitants de Philadelphie se sont à nouveau réunis. Rejoints par des étudiants, «une main rouge peinte sur le visage». Et suivis par des milliers de manifestants dans 170 villes du pays. Fait divers, puis bavure policière, le décès de Michael Brown est devenu depuis quelques jours une affaire nationale.