Sommet de la Francophonie: Abdou Diouf va mettre un terme à douze années de présidence

Sénégal Alors que ce week-end se déroule le 15e Sommet de la francophonie dominé en coulisses par Ebola et le Burkina Faso...

20 Minutes avec agences
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Abdou Diouf, 79 ans, va quitter la scène ce week-end, à Dakar
Abdou Diouf, 79 ans, va quitter la scène ce week-end, à Dakar — Jacques Demarthon AFP

Médiateur officieux des crises africaines, ardent défenseur de la langue française: le Sénégalais Abdou Diouf, surnommé «tonton Abdou» en Afrique, va mettre un terme, ce week-end, à douze années à la tête de la Francophonie et à une longue vie publique.

Abdou Diouf, qui a pris la suite en 2003 de l'Egyptien Boutros Boutros-Ghali, premier secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en 1997, a ignoré les appels du pied pour un quatrième mandat. Dès lors, le choix de son successeur apparaît comme un vrai casse-tête à la soixantaine de pays membres, qui devront se pencher sur ce problème, ce week-end.

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C'est donc, à Dakar, cher à son mentor Léopold Sédar Senghor, l'un des pères fondateurs de la Francophonie à l'aube des années 1970, que Diouf, 79 ans, va quitter la scène lors d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'OIF, dont une large majorité d'Africains.

Et ce, alors que ses collaborateurs à l'OIF, basée à Paris, vantent son autorité naturelle et ses qualités de diplomate dans les crises en Afrique. «Les chefs d'Etat disaient: "j'ai un problème, j'appelle Diouf", rapporte une source au sein de l'organisation. Et Diouf activait ses réseaux, à la Banque mondiale, l'Agence française de développement...».

«Nous devons être des indignés linguistiques»

«Je suis convaincu qu'il a toujours joué un rôle décisif pour tenter de résoudre la crise centrafricaine depuis longtemps», abonde Martin Ziguélé, président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC).

Abdou Diouf a aussi remis l'usage de la langue française au cœur des débats, inaugurant en 2012 le premier Forum mondial sur la langue de Molière, à Québec. «Nous devons être des indignés linguistiques», avait-il alors plaidé, mettant en garde contre une déliquescence du français, 5e langue la plus parlée, dans les organisations internationales.

«Chevalier servant» de son épouse

Né en 1935 à Louga (nord) dans une famille modeste, Abdou Diouf a étudié le droit à Dakar, avant de sortir major de l'Ecole nationale de la France d'outre-mer. En 1960, il rentre au Sénégal et commence une carrière de haut fonctionnaire. Avant de succéder, en 1981, à Léopold Sedar Senghor lorsque celui-ci a démissionné. 

Après avoir présidé le Sénégal pendant près de 20 ans, Abdou Diouf a été battu par son rival libéral Abdoulaye Wade en 2000. Surnommé « la girafe » par la presse satirique en raison de sa haute taille, Diouf a assuré qu'il se retirait des affaires pour se consacrer à «une tâche passionnante: être le chevalier servant de mon épouse».