Pour le président turc, la femme ne peut pas être l'égal de l'homme

TURQUIE Recep Tayyip Erdogan croit en la «nature humaine»...

N.Beu. avec AFP

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Le nouveau président turc Recep Tayyip Erdogan après son investiture, à Ankara le 28 août 2014
Le nouveau président turc Recep Tayyip Erdogan après son investiture, à Ankara le 28 août 2014 — AFP

Décidément, les femmes sont les têtes de Turc de l'AKP. Après la sortie du vice-Premier ministre, Bülent Arınç, sur le rire fort des femmes, c'est le président Recep Tayyip Erdogan lui-même qui a fait part lundi de sa vision de la femme dans la société turque. Sans détour, le président islamo-conservateur a affirmé que les femmes ne pouvaient pas être naturellement égales aux hommes et a critiqué vertement les féministes, les accusant d'être opposées à la maternité.

«Notre religion [l'islam] a défini une place pour les femmes [dans la société]: la maternité», a lancé Erdogan à Istanbul devant un parterre très largement féminin réuni pour un sommet sur la justice et les femmes. «Certaines personnes peuvent le comprendre, d'autres non. Vous ne pouvez pas expliquer ça aux féministes parce qu'elles n'acceptent pas l'idée-même de la maternité», a-t-il ajouté.

Des mesures conservatrices avortées

Sur sa lancée, le chef de l'Etat a assuré qu'hommes et femmes ne pouvaient pas être traités de la même façon «parce que c'est contre la nature humaine». «Leur caractère, leurs habitudes et leur physique sont différents (...) vous ne pouvez pas mettre sur un même pied une femme qui allaite son enfant et un homme», a-t-il insisté. «Vous ne pouvez pas demander à une femme de faire tous les types de travaux qu'un homme fait, comme c'était le cas dans les régimes communistes», a également estimé le président Erdogan, «vous ne pouvez pas leur demander de sortir et de creuser le sol, c'est contraire à leur nature délicate».

Le parti d'Erdogan, qui dirige sans partage la Turquie depuis 2002, est régulièrement accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire et de vouloir islamiser la société turque, notamment en limitant les droits des femmes. L'actuel président, qui a dirigé le gouvernement pendant onze ans avant son élection à la tête de l'Etat en août, a suscité à de multiples reprises la colère des mouvements féministes turcs en tentant de limiter, sans succès, le droit à l'avortement et en recommandant aux femmes d'avoir au moins trois enfants.