Tunisie: La bataille du second tour de la présidentielle est engagée

MONDE Le président sortant Moncef Marzouki affrontera le vainqueur des législatives Béji Caïd Essebsi…

A.Ch. avec AFP

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Un bureau de vote au consulat de Tunisie à Pantin, le 23 novembre 2014.
Un bureau de vote au consulat de Tunisie à Pantin, le 23 novembre 2014. — SIPA

Les résultats du premier tour ne sont pas encore officiels, mais les deux candidats qui s’affronteront au second tour de la présidentielle tunisienne affûtent déjà leurs armes. Le président sortant Moncef Marzouki devrait affronter le vainqueur des législatives Béji Caïd Essebsi, surnommé BCE, âgé de 87 ans. L'instance chargée d'organiser les élections, l'ISIE, a jusqu'à mercredi pour communiquer les résultats du premier tour. Elle a pour l'instant fourni les chiffres de la participation qui s'est élevée à 64,6% des inscrits.

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Peu après la fermeture des bureaux de vote dimanche, l'équipe de campagne de Béji Caïd Essebsi, chef du parti anti-islamiste Nidaa Tounès, a annoncé que ce dernier était «le premier de la course et avec un écart important». Il aurait obtenu «pas très loin de 50%» des suffrages, selon son directeur de campagne. Ces estimations ont aussitôt été contestées par l'équipe de Moncef Marzouki qui, tout en confirmant la présence des deux rivaux au second tour, a fait état d'un écart beaucoup plus réduit, voire d'une avance du président sortant. «Dans le pire des cas nous sommes à égalité, et dans le meilleur des cas nous avons 2 à 4% d'avance», a déclaré le directeur de campagne de Moncef Marzouki.

«Ancien régime» contre «allié des salafistes»

Moncef Marzouki a appelé dimanche soir à la tenue pour le second tour d'un «débat élevé sur des programmes, des idées, des valeurs, et pas sur des insultes», et a exhorté les «démocrates» à voter pour lui pour contrer Béji Caïd Essebsi. «Je m'adresse maintenant à toutes les forces démocratiques avec qui j'ai lutté ces trente dernières années pour un vrai Etat démocratique, pour rompre avec le passé, pour une vraie société civile, pour un équilibre des pouvoirs, je leur demande de s'unir autour de leur candidat. Je suis devenu leur candidat naturel», a-t-il lancé. Moncef Marzouki s'est posé tout au long de sa campagne comme un rempart contre l'ancien régime que représente, selon lui, Béji Caïd Essebsi, qui a servi sous le premier président tunisien Habib Bourguiba et sous le régime de Ben Ali avant la révolution de 2011. Le directeur de campagne de Béji Caïd Essebsi a pour sa part accusé le président sortant de s'être «allié avec des salafistes djihadistes pendant sa campagne».

Près de 5,3 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes un mois après des législatives dont le caractère démocratique a été salué par la communauté internationale. La Tunisie fait figure d'exception dans la région, l'essentiel des pays du Printemps arabe ayant basculé dans la répression ou le chaos.