Chatt Al-Arab, un fleuve longtemps disputé

GEOGRAPHIE C'est là que les quinze marins britanniques ont été capturés vendredi...

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Les 15 marins, dont une femme, capturés près du Chatt-Al-Arab, le fleuve frontalier entre l'Irak et l'Iran, en étaient lundi à leur quatrième jour de détention.
Les 15 marins, dont une femme, capturés près du Chatt-Al-Arab, le fleuve frontalier entre l'Irak et l'Iran, en étaient lundi à leur quatrième jour de détention. — AFP/Infographie

Le fleuve frontalier irano-irakien Chatt Al-Arab, où quinze marins britanniques ont été capturés vendredi par des navires iraniens, est une voie d'eau stratégique qui représente historiquement une source de conflit entre l'Iran et l'Irak.

Poumon économique et seul accès maritime de l'Irak avec le port d'Oum Qasr, sur le Golfe, à l'extrême sud, ce fleuve, estuaire du Tigre et de l'Euphrate, englobe un secteur de premier plan pour les débouchés pétroliers. Long de 200 km, il se trouve à proximité des gisements de Basse-Mésopotamie, les plus importants du pays.

Une guerre de huit ans entre l'Irak et l'Iran

L'«Accord d'Alger» de 1975 avait stipulé que la frontière entre l'Iran et l'Irak passait par le thalweg (la ligne la plus profonde) du Chatt al-Arab, c'est-à-dire généralement en son milieu. Mais cette frontière est parfois difficile à déterminer avec précision.

Le 17 septembre 1980, l'«Accord d'Alger» avait été dénoncé unilatéralement par le président irakien Saddam Hussein. L'Irak et l'Iran sont alors entrés en guerre, pour huit ans. Toute la région, notamment les «villes martyres» de Bassorah et iranienne d'Abadan, ainsi que la presqu'île de Fao, a été le théâtre de combats acharnés pendant tout le conflit.

Cet accord a été réhabilité après la guerre, l'Irak renonçant, officiellement en 1990, à ses prétentions de 1980.