La circoncision contre le sida

Sa. C. avec AFP

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L'épidémie du sida progresse en Chine, avec 70.000 nouveaux cas recensés en 2005, ont averti le gouvernement et les organisations internationales, en dépit d'une révision à la baisse du nombre de séropositifs à 650.000.
L'épidémie du sida progresse en Chine, avec 70.000 nouveaux cas recensés en 2005, ont averti le gouvernement et les organisations internationales, en dépit d'une révision à la baisse du nombre de séropositifs à 650.000. — Peter Parks AFP

La circoncision serait un moyen efficace de lutter contre le sida. Elle permettrait de réduire la transmission sexuelle du virus, selon des experts dont les recommandations ont été rendues publiques, mercredi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l'Onusida.

«Ces recommandations représentent un pas en avant dans la prévention du VIH, a déclaré le Dr Kevin De Cock, directeur du département du VIH/SIDA à l'OMS. Néanmoins, il faudra attendre quelques années pour observer un effet positif de cet investissement sur l'épidémie.»

Etudes en Afrique

Selon trois études conduites en Afrique, au Kenya, en Ouganda et en Afrique du Sud, la circoncision divise au moins par deux (-60%) les risques d'infection par le virus du sida (VIH). Elle devrait surtout être utile dans les zones d'hyperendémie, c'est-à-dire là où la fréquence de l'infection dans la population générale dépasse 15%, avec une propagation du virus principalement hétérosexuelle, et où plus de 80% des hommes ne sont pas circoncis.

Des millions de vies pourraient ainsi être sauvées, en particulier en Afrique Noire, si la circoncision se généralisait, affirment l'OMS et l'agence spécialisée pour le sida des Nations unies.

Une projection optimiste à condition de renforcer les services de santé et l’accompagnement médical dans les pays concernés. La phase de cicatrisation après une circoncision étant capitale pour en tirer les bénéfices, les experts préconisent de «s'abstenir de tout rapport sexuel pendant au moins six semaines après l'intervention».

Une prévention parmi d’autres

Certaines questions restent en suspens. Ainsi, on ignore si la circoncision réduit la transmission du VIH de l'homme à la femme, même si à terme une réduction de la proportion d'hommes infectés devrait diminuer pour les femmes la probabilité d'être contaminées.

Enfin, l’OMS insiste sur deux points: la circoncision atténue la transmission du virus, mais n’assure pas une protection à 100%. Il est donc nécessaire de poursuivre l’utilisation du préservatif et de recourir au dépistage en cas de doute