Indonésie: Les policières soumises à des tests de virginité

Société Human Rights Watch a demandé mardi à la police indonésienne d'arrêter de contraindre à des tests de virginité les femmes qui souhaitent faire partie de ses effectifs...

20 Minutes avec agences

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Les femmes aspirant à devenir policières dans le plus grand pays musulman du monde doivent à la fois être célibataires et vierges.
Les femmes aspirant à devenir policières dans le plus grand pays musulman du monde doivent à la fois être célibataires et vierges. — Chaideer Mahyuddin AFP

La pratique est qualifiée de «discriminatoire» et humiliante par Human Rights Watch. L'ONG dénonce depuis le début de la semaine les tests de virginité que subissent les femmes qui souhaitent faire partie de la police indonésienne.

En effet, les femmes aspirant à devenir policières dans le plus grand pays musulman du monde doivent à la fois être célibataires et vierges, détaille l'association de défense des droits de l'Homme. Et les examens de virginité sont encore monnaie courante dans le pays malgré les dénégations de la hiérarchie policière, accuse HRW, qui a interviewé plusieurs jeunes femmes.

Une pratique archaïque et largement discréditée

Certaines ont raconté avoir subi de tels tests encore cette année, évoquant des souvenirs douloureux et humiliants. Elles ont été contraintes de se mettre nues devant des femmes médecins qui les ont soumises au «test des deux doigts», une pratique archaïque et largement discréditée, ajoute l'ONG internationale.

«Je ne veux pas me souvenir de ces mauvaises expériences. C'était humiliant, dit une femme de 19 ans, habitant Pekanbaru, dans l'île occidentale de Sumatra. Pourquoi devrait-on se déshabiller devant des inconnus ? Ce n'est pas nécessaire.»

Des tests qui enfreignent les directives même de la police

«Les responsables de la police à Jakarta doivent immédiatement abolir ces tests, qui enfreignent les directives même de la police en matière de recrutement, sans parler des droits des êtres humains à l'égalité. Et s'assurer ensuite que l'interdiction soit respectée partout dans le pays», lâche Nisha Varia, directrice adjointe chargée des droits des femmes chez HRW.

Le fait qu'une femme ne soit plus vierge ne la disqualifie pas nécessairement, a, de son côté, précisé Ronny Sompie, porte-parole de la police. HRW soutient cependant qu'un document, publié ce mois de novembre sur le site de la police, précisait bien que toute candidate devait être vierge. Parallèlement, un ponte de l'éducation d'une localité indonésienne suggérait que les lycéennes soient soumises à des tests de virginité.