L'Eglise anglicane aura bientôt des femmes évêques

Religion En Angleterre, l'église anglicane a enfin dit «oui» aux femmes évêques et les premières ordinations pourraient avoir lieu dès 2015...

Marion Pignot

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Des membres du clergé, le 14 juillet 2014 à York, célèbrent le vote de l'église anglicane en faveur de l'ordination des femmes évêques.
Des membres du clergé, le 14 juillet 2014 à York, célèbrent le vote de l'église anglicane en faveur de l'ordination des femmes évêques. — Lindsey Parnaby AFP

Le synode général de l'Eglise anglicane d'Angleterre a définitivement approuvé, lundi, à Londres la réforme historique en faveur de femmes évêques. Le synode a formellement convenu de mettre en œuvre cette réforme votée, en juillet, par les trois collèges de délégués (collège des évêques, du clergé et des laïcs) après des décennies de divisions au sein de l'Eglise d'Angleterre sur la question.

«Une nouvelle ère de l'Eglise»

«Aujourd'hui, nous pouvons commencer une nouvelle ère de l'église et avancer ensemble», a déclaré l'archevêque de Canturbery Justin Welby, chef spirituel des 80 millions d'Anglicans dans le monde, après avoir signé le changement de législation.

«Cela a pris très longtemps, mais la voie est maintenant ouverte pour choisir des personnes pour l'épiscopat et les nommer sur la simple base de notre sentiment qu'ils sont appelés par Dieu pour cette fonction sans restriction quant à leur sexe», s'est-il félicité.

Canon 33

L'amendement baptisé Canon 33 établit désormais qu'«un homme ou une femme peut être consacré à la fonction d'évêque». Un précédent vote, en novembre 2012, avait échoué de seulement six voix. L'échec avait ravivé des divisions profondes au sein de cette Eglise, qui dispose d'un statut officiel en Angleterre puisque son gouverneur suprême est la reine Elizabeth II.

L'Eglise s'était vue reprocher une approche rétrograde contrastant avec l'attitude plus progressiste d'autres Eglises anglicanes, comme celles du Pays de Galles, des Etats-Unis, d'Australie, du Canada et du Swaziland, qui autorisent l'ordination des femmes évêques. Et ce, alors que les femmes peuvent également, depuis 1992, être ordonnées prêtres en Angleterre et représentent aujourd'hui un tiers du clergé.

Pour rappel, l'anglicanisme est né d'une scission avec l'Eglise catholique au 17e siècle, après le refus du pape d'accorder au roi Henri VIII l'annulation de son mariage.