L'Ukraine, le dossier brûlant du G20

MONDE Ce week-end, Brisbane accueille un G20 aux accents de Guerre froide…  

R.L. avec AFP

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Le patron de l'OMC, Roberto Azevedo, lors d'une conférence de presse à Brisbane, avant le sommet du G20 en Australie, le 14 novembre 2014
Le patron de l'OMC, Roberto Azevedo, lors d'une conférence de presse à Brisbane, avant le sommet du G20 en Australie, le 14 novembre 2014 — Saeed Khan AFP

A la veille du lancement du G20 en Australie, Moscou est accusé par l'Otan, l'OSCE et les Occidentaux d'avoir envoyé de nouvelles troupes dans l'est de l'Ukraine.

La Russie a fermement démenti mais reste toutefois perçue comme le principal responsable de la dégradation de la situation dans l'est de l’Ukraine où le cessez-le-feu instauré début septembre est aujourd'hui moribond. 20 Minutes refait le point sur le dossier ukrainien qui devrait rythmer la grande messe des chefs d’Etat.

Quelle est la situation sur place?

«Nous avons vu des colonnes d'équipements russes, des chars russes, des systèmes de défense antiaériens russes, de l'artillerie russe, et des troupes de combat russes entrant en Ukraine», a déclaré mercredi le commandant en chef de forces alliées de l'Otan en Europe, Philip Breedlove. Kiev, qui dénonce depuis vendredi l'entrée de convois militaires sur son territoire en provenance de Russie, a accusé Moscou de préparer une «invasion» massive.  

En attendant, les combats continuent à faire rage, dans l'Est séparatiste où quatre soldats ukrainiens ont été tués et 18 blessés jeudi, selon Kiev. De manière globale, les hostilités ont gagné en intensité depuis les élections organisées le 2 novembre dans les zones séparatistes, un scrutin rejeté par Kiev et l'Occident, mais reconnu de facto par la Russie.

Se rapproche-t-on à grands pas d’une guerre?

Dans le contexte actuel, l'ONU craint une «guerre totale». En effet, la multiplication de convois militaires lourds vus ces derniers jours dans les régions tenues par les insurgés prorusses et l'intensification des tirs d'artillerie autour de leur bastion de Donetsk alimentent la peur d'un embrasement. Redoutée par la communauté internationale, une offensive militaire de grande ampleur dans l'est séparatiste de l’Ukraine semble toutefois hautement improbable à l'approche de l'hiver, estiment des experts internationaux interrogés par l'AFP.

«Rien ne dit que les deux camps ont d'autres intentions que passer l’hiver bien au chaud, tout en essayant de se mettre à l'abri d'une mauvaise surprise», affirme Philippe Migault, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) de Paris.

Quelle est la position de la Russie?

La Russie répète ne pas avoir de troupes dans l'est de l’Ukraine. «Je vous dis catégoriquement et officiellement que ni maintenant ni dans le passé il n'y a ou il n'y a eu de troupes ou de mouvements de troupes (russes) à la frontière, sans même parler d'une présence de troupes sur le territoire ukrainien», a déclaré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch. La Russie accuse également les observateurs de l'OSCE déployés en Ukraine de soutenir de facto les autorités de Kiev.

Ou en sont les menaces de sanctions?

Le dossier ukrainien rythme les relations entre la Russie et les Occidentaux depuis plus de huit mois. Après plusieurs vagues de sanctions contre Moscou, Londres a menacé une nouvelle fois ce vendredi. «Les agissements de la Russie sont inacceptables», a déclaré à des journalistes le Premier ministre britannique David Cameron. «Si la Russie adopte une approche positive vis-à-vis de la liberté et de la responsabilité de l’Ukraine, ces sanctions pourraient être retirées», a-t-il dit. Mais «si la Russie continue de faire empirer la situation, ces sanctions pourraient s'intensifier. C'est aussi simple que ça», a averti David Cameron.