Procès Magnotta: Le «dépeceur de Montréal» schizophrène ou psychopathe?

FAIT DIVERS Luka Rocco Magnotta et son avocat tentent de démontrer qu'il souffre de schizophrénie et qu'il ne devait pas par conséquent être déclaré pénalement responsable...

M.B.
— 
Luka Rocco Magnotta à son arrivée à l'aéroport de Montréal le 18 juin 2012
Luka Rocco Magnotta à son arrivée à l'aéroport de Montréal le 18 juin 2012 — Service presse de la Ville de Montréal

Il a plaidé non coupable même s’il a reconnu avoir tué et dépecé sa victime, Lin Jun, tourné une vidéo où il profane sa dépouille, et avoir posté le film sur Internet.

>> Lire le reportage: L'immeuble où vivait Luka Magnotta se cherche une seconde vie

Schizophrénie apparue depuis ses 19 ans

Depuis le début de son procès à Montréal, le 29 septembre, Luka Rocco Magnotta et son avocat tentent de démontrer que le meurtrier présumé souffre de schizophrénie, comme son père, et de troubles de personnalité qui l'empêchaient de se rendre compte de ses actes ou de leur gravité, et qu'il ne devait pas par conséquent être déclaré pénalement responsable.

>> A quoi ressemble la salle où est jugé le «dépeceur de Montréal»?

Mardi, une experte en psychiatrie est venue à la barre pour accréditer cette ligne de défense. Selon Radio-Canada, elle estime que celui qui est surnommé «le dépeceur de Montréal» est non criminellement responsable du meurtre en 2012 de son ancien petit ami, un étudiant chinois. En effet, il était en pleine psychose en raison d’une schizophrénie apparue depuis ses 19 ans.

Si l’ancien acteur porno lui a tranché la gorge le 25 mai 2012, c’est qu’il pensait avoir affaire à un agent du gouvernement canadien chargé de l’espionner. C’est ce qui ressort du rapport réalisé par Marie-Frédérique Allard après avoir entendu Luka Rocco Magnotta en janvier dernier.

«M. Magnotta rapportait qu'il entendait rire dans sa tête, il entendait parler. Il se demandait ce qui se passait. Il pensait qu'on l'avait envoyé pour lui faire du mal, le tuer», est-il indiqué. Résultat, Lin Jun a eu la malchance de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment.

«Mensonge pathologique»

D’autres experts médicaux, chargés du suivi Luka Rocco Magnotta, ont témoigné début novembre expliquant  que le prévenu croyait entretenir une relation privilégiée avec Marilyn Monroe avec laquelle il conversait régulièrement «ou encore qu'il entendait des voix lui reprochant de marcher comme un singe», rapporte la chaîne TVA.

Des propos qui ne semblent pas impressionner le procureur qui, au sujet de Luka Rocco Magnotta, parle de «mensonge pathologique». L'accusation a l'intention de démontrer que ce crime était «planifié et délibéré» et qu'il avait été préparé depuis au moins six mois, soit dès décembre 2011. Luka Rocco Magnotta est passible de l'emprisonnement à vie.

>> Comment la police française a manqué l’interpellation du dépeceur de Montréal