Ebola: Le Mali risque-t-il une propagation du virus?

EPIDEMIE Le pays, qui pensait avoir circonscrit une première menace, est à nouveau mobilisé après quatre décès dus au virus à Bamako, sa capitale…

B. de V. avec AFP

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Illustration d'un médecin luttant contre le virus Ebola au Liberia.
Illustration d'un médecin luttant contre le virus Ebola au Liberia. — AFP

Un tournant inquiétant? Depuis le 23 octobre et le premier cas identifié de la maladie liée au virus Ebola, la situation s’est dégradée au Mali. Deux ressortissants maliens sont désormais décédés sur son territoire, une fillette et un infirmier, ainsi que deux Guinéens. Les décès résultent à chaque fois de l'entrée au Mali d'un ressortissant de Guinée, où l'épidémie s'est déclarée en décembre 2013.

Le Mali est le dernier pays atteint par Ebola en Afrique de l'Ouest. Le virus a dépassé ce mercredi le cap des 5.000 morts sur 14.098 cas recensés. Les décès sont survenus dans leur immense majorité au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Avec quatre décès selon l'OMS mercredi soir, le Mali est donc encore loin des chiffres des trois autres pays.

Près de 50 personnes sous surveillance

Mais le pays entend lutter dès à présent pour endiguer toute propagation. La dernière alerte date de mardi soir après le décès de cet infirmier de 25 ans de la clinique Pasteur, testé positif le jour même, qui avait soigné un imam âgé de 66 ans venu de Guinée. L'établissement, fréquenté par des centaines de personnes chaque jour, a été placé en quarantaine.

L’imam est lui décédé le 27 octobre, de même qu'un ami venu lui rendre visite, a indiqué l’OMS à l’AFP, précisant que tous deux sont considérés comme des cas probables d'Ebola, alors que la clinique avait dans un premier temps diagnostiqué à l’imam un «palu», d’après un reporter de maliweb.net.

Le Mali repart à zéro dans le dépistage

L'annonce de cette nouvelle contamination intervient au moment où le Mali s'apprêtait à lever la quarantaine de plus de 100 personnes ayant approché l'unique cas de virus jusqu’à présent, celui d’une fillette de deux ans venue de Guinée et décédée le 24 octobre à Kayes, dans l’Ouest du Mali.

A en croire, Médecins sans frontières (MSF), dans un mail adressé à 20 Minutes, il s’agit d’un retour à la case départ pour le Mali avec ce nouveau cas «importé». «Il faut de nouveau identifier de nouveaux cas suspects, les isoler, retrouver leurs contacts, faire du cas par cas, les transporter avec prudence, les incinérer en cas de décès et repartir dans une campagne de prévention santé».