Les banques françaises présentes dans les paradis fiscaux

Economie Toutes les banques françaises détiennent des filiales dans les paradis fiscaux, selon un rapport de la plate-forme Paradis fiscaux et solidaires, en particulier au Luxembourg...

20 Minutes avec agence
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Selon cette enquête, 26 % du chiffre d'affaires à l'international des grandes banques françaises serait réalisé dans les paradis fiscaux.
Selon cette enquête, 26 % du chiffre d'affaires à l'international des grandes banques françaises serait réalisé dans les paradis fiscaux. — AFP

Les grandes banques françaises sont «massivement présentes dans les paradis fiscaux», souligne un rapport diligenté par la plate-forme Paradis fiscaux et judiciaires, qui réunit plusieurs associations de lutte contre l'évasion fiscale. 

Relayé par France Info, le rapport révèle entre autres qu'un tiers des filiales hors de France des cinq plus grandes banques françaises se situent dans les paradis fiscaux. BNP-Paribas détient ainsi 31% de ses filiales étrangères dans ceux-ci. Le chiffre grimpe à 54% pour le Crédit mutuel.

Luxembourg, Belgique et Suisse

Toujours selon cette enquête, 26 % du chiffre d'affaires à l'international des grandes banques françaises serait réalisé dans les paradis fiscaux. Et alors que l’Union européenne est ébranlée par le scandale du «Luxleaks», on y apprend que le Luxembourg monte sur la première marche du podium des pays les plus prisés (le chiffre d'affaires généré là-bas est trois fois supérieur à ceux des autres pays), devant la Belgique, les Pays-Bas et la Suisse. 

A également été calculé le chiffre d'affaires de ces filiales rapporté au nombre de salariés. Résultats: les salariés des filiales au paradis sont «au minimum deux fois plus productifs que les salariés situés dans les autres territoires». Et un salarié de la Banque populaire-Caisse d'épargne en Irlande serait, lui, 13 fois plus productif que ses collègues français. Pour les auteurs de l'étude, ces banques n'exercent pas, contrairement à ce qu'elles avancent, d'activité réelle dans ces pays mais s'en servent comme adresse fiscale. 

Pour rappel, en 2009, Nicolas Sarkozy déclarait «les paradis fiscaux, c'est fini». Et depuis l'an dernier, la loi bancaire oblige les banques à rendre publics leurs activités et leur niveau d'imposition dans les paradis fiscaux. Ce qui a permis la réalisation de cette étude.