Hong Kong: Le trader britannique, accusé d'un double meurtre, soumis à des expertises psychiatriques

HONG KONG La justice hongkongaise a ordonné lundi des expertises psychiatriaques du trader britannique accusé d'avoir tué deux jeunes Indonésiennes...

20 Minutes avec AFP
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Le trader britannique, Rurik Jutting, accusé d'avoir tué deux jeunes Indonésiennes dont les corps avaient été retrouvés dans son appartement, quitte un tribunal de Hong Kong, le 10 novembre 2014
Le trader britannique, Rurik Jutting, accusé d'avoir tué deux jeunes Indonésiennes dont les corps avaient été retrouvés dans son appartement, quitte un tribunal de Hong Kong, le 10 novembre 2014 — Philippe Lopez AFP

Est-il fou? La justice hongkongaise a ordonné lundi des expertises psychiatriques du trader britannique accusé d'avoir tué deux jeunes Indonésiennes dont les corps avaient été retrouvés dans son appartement huppé du centre de l'ancienne colonie britannique. Rurik Jutting, un trader qui a travaillé jusqu'à récemment pour la Bank of America Merril Lynch, a comparu lundi devant un tribunal du territoire autonome passé en 1997 sous tutelle chinoise.

L'audience a été suspendue afin que soient réalisées «deux expertises psychiatriques» qui devront déterminer le degré de responsabilité pénale du suspect, a déclaré la juge Bina Chainrai. Rurik Jutting a été maintenu en détention provisoire jusqu'à la prochaine audience, le 24 novembre. 

Le suspect, qui portait barbe et lunettes à montures noires, est resté impassible durant la brève audience. Il ne s'est exprimé qu'une seule fois pour dire qu'il comprenait la procédure judiciaire en cours. La procureure Louise Wong a déclaré que la reconstitution des meurtres «n'avait pas été possible car l'accusé n'a pas donné son consentement».

Elle avait été enfermée dans une valise entreposée sur le balcon

Pour la défense, Tim Parker a expliqué que son client n'avait pas «encore» accepté une reconstitution, sans exclure qu'il puisse le faire à l'avenir. L'avocat a également demandé au tribunal de lui fournir des copies des vidéos des interrogatoires de Rurik Jutting.

Les corps de Seneng Mujiasih et de Sumarti Ningsih, toutes deux âgées d'une vingtaine d'années, avaient été retrouvés dans l'appartement du suspect, dans un immeuble résidentiel de Wanchai, aux premières heures du 1er novembre, alors que de nombreux Hongkongais célébraient Halloween.

Le suspect lui-même avait appelé la police. Celle-ci a retrouvé Seneng nue dans le salon, avec des blessures à l'arme blanche au cou et aux fesses. Le corps en état de décomposition de Sumarti a été retrouvé plusieurs heures après par les enquêteurs. Elle avait été enfermée dans une valise entreposée sur le balcon. Sumarti avait été tuée plusieurs jours avant, le 27 octobre, selon des documents judiciaires.

La police tente de déterminer si les victimes étaient des prostitutées. Wanchai compte bon nombre de restaurants et d'immeubles de bureaux mais il s'agit également d'un quartier chaud bien connu des expatriés. Les corps des deux jeunes femmes doivent être rapatriés mardi matin. 

«Je me retire. Le fardeau s'allège. J'ai peur, je suis inquiet mais aussi enthousiaste»

Après un passage par un internat extrêmement réputé de Grande-Bretagne, le suspect, décrit comme un étudiant brillant par ses camarades, avait étudié le droit et l'histoire à l'Université de Cambridge. Le 27 octobre, il avait écrit sur sa page Facebook qu'il embarquait pour un «nouveau voyage». «Je me retire. Le fardeau s'allège. J'ai peur, je suis inquiet mais aussi enthousiaste. Le premier pas est toujours le plus dur».

Ce jour là, l'Autorité des marchés financiers de Hong Kong révoquait la licence qui l'autorisait à mener des opérations de courtage, selon son site internet. Les autorisations accordées au trader britannique par la Commission des valeurs et des contrats à terme de la ville ont également expiré le 28 octobre.

Rurik Jutting est détenu au Centre psychiatriaque Siu Lam de Hong Kong, un établissement pénitentiaire de haute sécurité destiné aux détenus condamnés ou en attente de jugement qui «nécessitent une surveillance, des traitements ou des évaluations psychiatriques», d'après son site internet.