Mexique: Première manifestation violente après l'annonce du massacre de 43 étudiants

MEXIQUE Plus de 300 jeunes ont brisé des vitres du siège du gouvernement régional de l'Etat de Guerrero et incendié des voitures pour réclamer la vérité sur le sort de leurs camarades enlevés...

20 Minutes avec AFP

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Des étudiants près d'une voiture en feu lors d'une manifestation devant le siège du gouvernement régional de l'Etat du Guerrero, dans le sud du Mexique, le 8 novembre 2014.
Des étudiants près d'une voiture en feu lors d'une manifestation devant le siège du gouvernement régional de l'Etat du Guerrero, dans le sud du Mexique, le 8 novembre 2014. — RONALDO SCHEMIDT / AFP

Des étudiants mexicains ont mis le feu à plusieurs véhicules samedi soir en face du siège du gouvernement régional de l'Etat du Guerrero, dans le sud du Mexique, première manifestation violente après l'annonce par les autorités du massacre de 43 de leurs compagnons.

Plus de 300 jeunes, la plupart le visage dissimulé, ont brûlé ont brisé plusieurs vitres du bâtiment public situé à Chilpancingo, capitale du Guerrero, et incendié une dizaine de véhicules, dont un de la police fédérale, sans intervention des forces de sécurité. «C'est la même exigence de toujours, qu'on retrouve les camarades vivants», a dit à l'AFP un des étudiants masqués.

Le scénario du massacre contesté par les parents

Dans le Guerrero, 43 étudiants de l'école normale rurale d'Ayotzinapa ont disparu le 26 septembre à Iguala après une attaque conjointe de policiers et de membres du crime organisé. Cette affaire a bouleversé le Mexique, mobilisé des dizaines de milliers de personnes dans les rues et provoqué des réactions d'effroi dans le monde entier.

Vendredi, le ministre mexicain de la Justice, Jesus Murillo Karam, a annoncé que trois membres présumés d'un groupe criminel ont avoué avoir tué plus de 40 étudiants, brûlé leurs cadavres puis jeté les restes dans une rivière. Le scénario du massacre a toutefois été contesté par les parents de ces jeunes, qui ont considéré que les aveux de ces suspects n'avaient pas valeur de preuves.

Les étudiants auraient été attaqués par crainte qu'ils perturbent un événement public

«Tant qu'il n'y a pas de preuves, nos enfants sont vivants», a estimé Felipe de la Cruz, porte-parole des parents. «Il semble que le gouvernement fédéral, avec une grande irresponsabilité, préfère clore l'affaire (sur) la base de témoignages» mais «il n'y a rien de certain», a affirmé à l'AFP l'oncle d'un disparu, Meliton Ortega.

Au total 74 personnes -policiers, fonctionnaires, criminels présumés- ont été arrêtées depuis le début de l'affaire. Selon les autorités fédérales, les étudiants ont été attaqués à l'instigation de l'ancien maire d'Iguala, José Luis Abarca, et son épouse, Maria de Los Angeles Pineda, soeur de trois narcotrafiquants notoires.

Le «couple impérial» aurait craint que la visite des étudiants à Iguala ne vienne perturber un événement public que Maria de Los Angeles Pineda tenait ce jour-là en sa qualité de responsable d'un organisme local d'aide à l'enfance. L'affaire des 43 disparus a jeté une lumière crue sur la collusion des autorités politiques et policières avec le crime organisé.