Robert O'Neill menacé de mort sur des sites djihadistes

Militaire Un ancien membre des forces spéciales américaines a affirmé publiquement qu'il était le tueur de Ben Laden, s'attirant immédiatement des menaces de mort...

20 Minutes avec AFP

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Robert O'Neill en décembre 2013
Robert O'Neill en décembre 2013 — Hinick

Robert O'Neill, 38 ans, a affirmé au Washington Post qu'il avait tué, d'une balle en pleine tête, le chef d'Al-Qaïda le 2 mai 2011 lors d'un raid héliporté à Abbottabad, au Pakistan.Des jihadistes ont aussitôt lancé des menaces de mort contre lui, a révélé SITE qui surveille les sites jihadistes.

Des photos d'O'Neill accompagnées de messages en arabe et en anglais appelant des «loups solitaires» à venger la mort du chef d'Al-Qaïda, ont été diffusés sur Twitter et sur le forum des jihadistes al-Minbar.

L'un d'entre eux écrit par exemple en arabe : «Nous enverrons aux loups solitaires en Amérique avec la photo de ce Robert O'Neill qui a tué Cheikh Oussama ben Laden». L'ancien soldat d'élite a expliqué au quotidien avoir décidé de donner son nom après une fuite orchestrée par SOFREP, un site internet d'anciens Seals.

Cette fuite était elle-même une réponse destinée à couper l'herbe sous le pied de Fox News qui diffusera les 11 et 12 novembre un documentaire intitulé The Man who Killed Usama Ben Laden dans lequel il se dévoile.

Il était tenu de garder le secret

Vendredi matin, le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, s'est dit «déçu» que l'ancien soldat ait décidé de sortir de l'ombre. «Il y a un code dans cette communauté qui interdit de parler. Et il est inconvenant de tirer des profits financiers en se servant des opérations auxquelles vous avez participé», a-t-il déclaré à CNN.

En racontant le raid au Washington Post, O'Neill a indiqué que deux autres soldats avaient tiré des coups de feu. Il se trouvait en deuxième position du commando lors de l'assaut contre la chambre de Ben Laden. Le chef d'Al-Qaïda est brièvement apparu à la porte mais le soldat en tête a apparemment manqué son tir.

«Je suis passé devant lui pour entrer dans la chambre, juste à l'embrasure de la porte», dit M. O'Neill, «Ben Laden était là debout. Il avait ses mains sur les épaules d'une femme et la poussait devant», dit-il.

L'ex-soldat a précisé qu'il pouvait clairement identifier le leader terroriste avec ses lunettes de vision nocturne, malgré l'obscurité, et a tiré.

Une version contredite

Un autre membre de l'unité qui a effectué le raid sur Abbottabad, Matt Bissonnette, s'est attiré des ennuis en publiant en 2012 des mémoires sans les avoir préalablement soumis à l'approbation du Pentagone.

Dans une interview diffusée jeudi par la chaîne NBC, il apparaît en désaccord avec la version de O'Neill. «Deux personnes différentes racontent deux histoires différentes pour deux raisons différentes», a lancé Matt Bissonnette, qui avait écrit son livre No Easy Day sous le pseudonyme Mark Owen.Au moment du raid du commando, O'Neill avait déjà 15 ans d'expérience avec les Seals, où il opérait dans la désormais célèbre unité Six.

En 2009, il faisait aussi partie du commando qui a libéré un capitaine de cargo américain pris en otage par des pirates somaliens sur un canot de sauvetage.