Chute du mur de Berlin: Quatre personnalités majeures qui ont raté l'événement

SOUVENIR Le «mur de la honte» est tombé il y a 25 ans, mais certaines personnalités politiques sont passées à côté de l'événement...

Céline Boff

— 

La chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989
La chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989 — GERARD MALIE / AFP

Si vous avez plus de 30 ans, peut-être vous souvenez-vous de ce que vous faisiez le 9 novembre 1989. Ce jour-là en tout cas, le Mur de Berlin, surnommé le mur de la honte par les Allemands de l’ouest, tombait, sous l’œil incrédule du monde… Mais pas de tout le monde. Au moins quatre personnalités politiques ont manqué cet événement majeur de la fin du XXe siècle.  

1- Angela Merkel était au sauna

La chancelière allemande a beau avoir grandi en ex-Allemagne de l’Est, elle n’a pas assisté à la chute du Mur… Tout simplement parce que ce jour-là, elle se trouvait au sauna avec une amie, «comme tous les jeudis soir», confiait-elle en 2009 sur la chaîne publique ARD. «Quand j'en suis sortie, le poste fron­tière de la Born­hol­mer Strasse était ouvert, et alors je suis passée de l'autre côté», avait-elle ajouté.

Avant la chute du Mur, Merkel n’avait pas non plus pris part aux mouvements de protestation. La jeune femme de 35 ans était alors docteur en physique à l'Académie des sciences de Berlin-Est et «elle ne partageait pas grand-chose avec ces manifestants, qui étaient des originaux, des marginaux», rappelle la journaliste Florence Autret dans l’ouvrage «Angela Merkel. Une Allemande (presque) comme les autres».

2- Mikhaïl Gorbatchev dormait

Considéré comme l’un des grands artisans de la chute du Mur, l’ancien dirigeant soviétique n’a pas suivi l’événement en direct puisqu’il était à ce moment-là dans les bras de Morphée. «A Moscou, il était déjà 2 heures du matin et personne n'osa réveiller Gorbatchev», raconte Andreï Gratchev, qui était l'un des plus proches conseillers de l’ancien chef d’Etat.

«Très tôt le matin, l’ambassadeur m’a appelé et m’a informé, et moi, j’ai dit, «Il fallait s’attendre à ça», parce que les Allemands avaient déjà ouvert des brèches dans le Mur…», confirme le premier et dernier président de l’URSS. Si Gorbatchev a donc manqué ce moment historique, ce contretemps ne l’a pas empêché de décrocher en 1989, juste après la chute du Mur, le titre d'Homme de la Décennie décerné par le magazine Time. En 1990, il a également reçu le prix Nobel de la paix pour sa contribution à la fin de la Guerre froide.

3- Jean-Claude Juncker était dans le coma

Comme Christiane, l’héroïne du film allemand «Good Bye, Lenin!», le nouveau président de la Commission européenne était dans le coma au moment de la chute du Mur. Il avait été plongé dans ce sommeil profond à la suite d’un grave accident de voiture mais il y est resté moins longtemps que Christiane: deux semaines précisément.

A son réveil, ses proches lui apprennent la nouvelle, mais Juncker doute. Celui qui est déjà, à 35 ans, secrétaire d’État au Travail et à la Sécurité sociale du Luxembourg a vraiment du mal à croire l’information. Si Juncker n’a donc pas vécu la chute du Mur, il n’oubliera sans doute jamais le 25e anniversaire de cet événement: depuis jeudi et la révélation du scandale fiscal LuxLeaks, l’ancien Premier ministre luxembourgeois se retrouve sous les feux des projecteurs et au cœur de toutes les critiques.

4- Nicolas Sarkozy croyait qu’il y était, mais en fait non

Le 8 novembre 2009, Nicolas Sarkozy, alors président, indique sur sa page Facebook qu’il était sur les lieux le 9 novembre 1989. Il écrit plus précisément ce post: «Le 9 novembre au matin, nous nous intéressons aux informations qui arrivent de Berlin (…). Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé pour participer à l'événement qui se profile. Arrivés à Berlin ouest, nous filons vers la porte de Brandebourg où une foule enthousiaste s'est déjà amassée à l'annonce de l'ouverture probable du mur.»

Quelques heures plus tard, le journaliste Alain Aufray souligne que ce récit ne colle pas avec la réalité historique. Les médias s’emballent, la twittosphère s’amuse en mode «Nicolas Sarkozy tenait la caméra qui a filmé Amstrong débarquant sur la Lune» ou encore «Nicolas Sarkozy était à Nazareth le 25 décembre». Finalement, Le Monde tranche: Sarkozy a bien visité Berlin après la chute du Mur, mais c’était le 16 novembre 1989, et non le soir même.