VIDEO. Qui est David «Daoud» Drugeon, le djihadiste français donné pour mort en Syrie?

MONDE Selon son père, le Breton de 24 ans converti à l’Islam voulait «mourir en martyr»…

C.P.

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Patrice Durgeon présente des photos de son fils David
Patrice Durgeon présente des photos de son fils David — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Son décès n’est pas encore confirmé, mais le parcours du jeune Français probablement tué jeudi en Syrie se précise.

Un breton converti à l’islam à l’âge de 13 ans

David «Daoud» Drugeon «a été baptisé, il avait reçu une éducation européenne, avec des parents qui ont la foi chrétienne», a raconté ce jeudi son père, Patrice Drugeon, un chauffeur de bus de l'agglomération de Vannes. La conversion de David à l’islam n’est toutefois pas une histoire récente: il s'est converti très jeune, a-t-il expliqué: «13 ans, vous imaginez? On était en divorce avec sa maman, mais j'avais de bonnes relations avec David et son frère aussi, il n'y avait pas de problème. Je l'ai vu se convertir, mais il était modéré», a expliqué jeudi son père.

Radicalisation est départ de France en 2010

Le jeune homme a quitté la France il y a quatre ans. «Il est parti le 17 avril 2010 d'ici, pour moi, il partait en école coranique en Egypte, et il revenait soit à l'été, soit à Noël. Je lui ai dit "au revoir", je ne lui ai pas dit "adieu"», a expliqué son père sur France 2. En réalité, il serait parti rejoindre la voie du djihad, à destination des zones tribales pakistanaises, où il s'était formé au maniement des explosifs et à la fabrication de bombes. Il s'était ensuite installé en Syrie, lorsque celle-ci est devenue à son tour «terre de djihad».

L’artificier de Khorassan activement recherché

Pendant ces années, David Drugeon serait devenu un poids lourd du groupe djihadiste Khorassan: selon une source sécuritaire française à l'AFP, «Daoud» brillait par son savoir-faire en matière d'explosifs. Il serait même devenu l’artificier du groupe terroriste qui, à l'égal du Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et du groupe Etat islamique, planifie des attentats dans des pays occidentaux. A ce titre, il était très activement recherché par les services antiterroristes français mais aussi par les Etats-Unis. «Il faisait partie de nos cibles», a indiqué à l’AFP une source du département américain de la Défense confirmant implicitement que le Pentagone était sur sa trace depuis longtemps.

Un ancien de la DGSE?

Le nom de David Drugeon avait été évoqué lorsque le groupe de presse américain McClatchy avait affirmé il y a un mois qu'un ancien officier du renseignement français avait rejoint les rangs du djihad en Syrie et avait été la cible fin septembre d'une frappe américaine.

Le ministère français de la Défense avait toutefois démenti toute implication d'un ancien agent français. La Direction Générale de la Sécurité extérieure (DGSE, renseignement extérieur) s'était refusée pour sa part à tout commentaire, de même que le ministère français des Affaires étrangères.

Il voulait «mourir en martyr»

Dans une lettre, qui constitue le dernier signe de vie adressé en 2010 à son père, David Drugeon déclare: «on se retrouvera dans l'au-delà et je mourrai en martyr». «Une phrase qui me marque dans le cœur depuis 2010», a raconté jeudi son père  Patrice Drugeon, indiquant avoir «une lueur d'espoir parce qu'on ne m'a pas confirmé sa mort».

Jeudi, un responsable du Pentagone a affirmé que David Drugeon avait probablement été tué mais que la confirmation de sa mort nécessiterait un peu de temps. Selon des médias américains, il a été tué lors d'une attaque menée par un drone dans la région d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. «Le chauffeur du véhicule aurait perdu une jambe et devrait mourir, selon des sources ayant connaissance de l'opération. Une seconde personne, qui serait Drugeon, a été tuée», selon Fox News, qui a été la première à sortir l'information.