Midterms: Entre Barack Obama et les républicains, c'est compliqué

ETATS-UNIS Après la défaite démocrate au Sénat, le président promet de tendre la main à ses adversaires...

Philippe Berry

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Barack Obama entouré des républicains John Boehner (droite) et Mitch McConnell (gauche), en 2011, lors d'une rencontre à la Maison Blanche.
Barack Obama entouré des républicains John Boehner (droite) et Mitch McConnell (gauche), en 2011, lors d'une rencontre à la Maison Blanche. — P.SOUZA/WHITE HOUSE

Cette fois, il n'a pas pas parlé de «raclée». Mercredi, Barack Obama a simplement félicité les républicains pour leur «bonne soirée» et leur double victoire à la Chambre et au Sénat, la veille. Et il a promis de «travailler avec eux» pour faire avancer le pays. Comme en 2010 et en 2012, en somme. Reste à voir si les résultats seront différents, après six ans d'un conflit permanent.

Mercredi, évidemment, tout le monde affichait un sourire et une main tendue. Mais sommés de citer des points de convergence, Obama comme les républicains ont peiné, évoquant des investissements sur les infrastructures et des traités commerciaux internationaux. Pour le reste, chacun campe sur ses positions.

Ça bloque sur l'immigration et la santé

Sur l'immigration, Obama a prévenu que si le Congrès ne lui envoyait pas un texte satisfaisant, il agirait par décret là où il le peut. De quoi immédiatement braquer les républicains, qui reprochent souvent au président de se comporter comme un monarque. Commencer cette nouvelle relation de cette façon «reviendrait à secouer un drapeau rouge devant le taureau», a prévenu Mitch McConnell, qui devrait devenir le chef de la majorité républicaine au Sénat. Il continue de répéter qu'il veut démanteler la réforme de la santé d'Obama, pourtant signée en 2010 après un processus démocratique, ce qui agace la Maison Blanche.

Obama est-il prêt à un geste de bonne volonté, comme autoriser le pipeline de Keystone, quitte à fâcher ses soutiens environnementalistes? Pour l'instant, il botte en touche et renvoie à des consultations en cours. Le président du comité national républicain, Reince Priebus, pense toutefois que le Commandant en chef n'osera pas dégainer son veto sur une mesure soutenue par 61% des Américains, selon des sondages du printemps dernier.

Joe Biden le médiateur?

En six ans, le nombre de fois où Obama a invité les leaders républicains pour un tête à tête à la Maison Blanche se compte sur les doigts d'une main. Maintenant que ces derniers contrôlent les deux chambres du Congrès, il compte «les voir davantage». Alors qu'il y a un vrai problème de confiance entre les partis, Joe Biden, un vétéran du Sénat, pourrait jouer les conciliateurs avec son ancien collègue Mitch McConnell, suggère le républicain Lindsey Graham.

Reste le problème de la Chambre des représentants. John Boehner n'a jamais réussi à contrôler des membres du Tea Party prêts à faire défaut sur la dette plutôt que de trouver un compromis. Mais la large victoire de mardi, avec une majorité qui pourrait être accrue de 15 sièges, devrait lui donner un peu de marge de manœuvre avec ses troupes. Surtout, comme l'a rappelé Mitch McConnell, les républicains ont désormais les pleins pouvoirs au Congrès. Avec la plus grande des responsabilités: «gouverner».