Midterms: Et si la victoire des républicains était finalement une chance pour Obama?

ETATS-UNIS Le président américain recevra vendredi les chefs de file des parlementaires à la Maison Blanche...

Céline Boff

— 

Barack Obama dans la Situation Room de la Maison Blanche, le 28 juillet 2014
Barack Obama dans la Situation Room de la Maison Blanche, le 28 juillet 2014 — P.SOUZA/WHITE HOUSE

Déprimé et frustré. Voilà comment se sentirait Barack Obama au lendemain de la victoire des républicains au Sénat. Ce succès pourrait pourtant constituer une chance de rebond pour le président américain, dont la popularité est au plus bas.

Vendredi, il recevra à la Maison Blanche les chefs de file des parlementaires et ce serait le bon moment pour lui de réaffirmer son influence et son autorité, alors même que «la défaite des démocrates est clairement attribuée à son manque de leadership», souligne Thomas Snegaroff, historien spécialiste des Etats-Unis.

«Donner un grand coup de pied dans les fesses de Washington»

Certes, Obama pourrait décider de jouer les trublions en usant de son droit de veto jusqu’à la fin de son mandat. «Malgré leur victoire, les sénateurs républicains ne sont pas suffisamment nombreux pour passer outre ce veto. Techniquement, Obama pourrait donc bloquer les futures lois, mais rien n’avancerait plus», détaille Thomas Snegaroff.

Or, une situation de blocage, c’est justement ce dont les Américains ne veulent pas. «S’ils ont voté pour les républicains, ce n’est pas par adhésion mais pour donner un grand coup de pied dans les fesses de la Maison Blanche et du Congrès, pour les inciter à bouger et à enrayer ce qu’ils considèrent être le déclin de leur pays», analyse Thomas Snegaroff.

Obama semble donc disposer d’une seule carte gagnante, celle de réussir à travailler avec les républicains. «Ce qu’il n’est jamais parvenu à faire lors de ces six dernières années», note l’historien François Durpaire, spécialiste des Etats-Unis. Mais cette fois-ci, la donne est différente.

Un scénario à la Bill Clinton

«Les républicains n’ont pas été élus sur un programme mais sur leur critique du président. Pour convaincre, ils vont devoir agir, d’autant plus que les sénateurs républicains d’aujourd’hui seront les candidats à la présidentielle de demain», analyse François Durpaire. «Personne n’a intérêt à jouer le pourrissement», renchérit Thomas Snegaroff.

S’il veut faire avancer ses dossiers, Obama va donc devoir trouver des compromis avec les républicains. Le vrai succès pour le président serait de réussir à faire passer sa loi sur l’immigration, qui vise à régulariser les 12 millions d’immigrés clandestins vivant sur le sol américain.

Et le scénario idéal serait de suivre le même chemin que celui jadis emprunté par l’ex-président démocrate Bill Clinton. «Alors que les républicains étaient majoritaires au congrès, Clinton avait réussi à faire valider 42% de ses lois et même à regagner des points de popularité», rappelle François Durpaire. Sans aller jusqu’à ressusciter une vague obamaniaque, le président pourrait alors au moins mettre un terme à l’Obama bashing qui le mine tant.