Allemagne: Google dans le viseur des médias

Médias L'un des plus importants éditeurs de presse allemande lutte contre Google sur le terrain de la propriété intellectuelle. Résultat, Google a banni les publications du groupe de sa page de recherche...

20 Minutes avec agence

— 

Le quotidien allemand Bild est le journal le plus lu en Europe.
Le quotidien allemand Bild est le journal le plus lu en Europe. — Odd Andersen AFP

L'éditeur allemand Axel Springer affiche sa détermination dans sa bataille contre Google sur la propriété intellectuelle. Le groupe qui est en pleine restructuration face au déclin de la presse écrite, n'entend pas se faire «piller» ses contenus par Google. 

Le propriétaire de Bild, le quotidien le plus lu d'Europe, et du journal conservateur Die Welt, s'est lancé, via la coalition VG Media dont il est l'un des principaux membres, dans un violent bras de fer avec Google sur la question de la propriété intellectuelle. La coalition regroupant plus de 200 médias veut, en effet, faire payer Google, qui utilise gratuitement ces «snippets» ou «clusters» (photos miniatures et résumés d'articles s'affichant sur Google News). 

40% de baisse du trafic

Et le géant américain du Net, souvent taxé «d'abus de position dominante», ne se laisse pas faire et a choisi de bannir les articles du groupe allemand de sa plateforme. Ainsi, le leader des moteurs de recherche ampute, depuis le 23 octobre, les résultats de recherche des sites de quelque 200 médias de la coalition, au premier rang desquels les têtes d'affiches Bild et Die Welt. Les photos miniatures et résumés des articles sont désormais supprimés, seuls les titres apparaissent.

Les investissements numériques du groupe, notamment propriétaire des SeLoger et Aufeminin, ont pesé sur sa rentabilité en 2013, et l'année 2014 devait être celle du retour aux profits. Seulement voilà, le patron du groupe, Mathias Döpfner, a reconnu «la nuisance considérable» de la «sanction Google». Après deux semaines, Axel Springer a enregistré une chute «de presque 40% du trafic» sur ses sites welt.de, computerbild.de, sportbild.de et autobild.de.

>> A lire aussi L'Espagne adopte la «taxe Google»

Le groupe allemand n'a pas dit son dernier mot et se «documente précisément» sur conséquences de ce conflit, en partageant ses données sur la place publique. Ajoutant par la voix de son patron que «l'enjeu est de fixer les différentes possibilités de la concurrence dans le monde numérique». Un patron de presse qui appelle désormais les «politiques et les autorités de la concurrence» à se saisir du débat.