Marijuana, contrôle des armes à feu, avortement: Les autres sujets des élections de mi-mandat américaines

ETATS-UNIS Mardi, quelque 90 millions d’Américains vont élire leurs représentants, mais aussi se prononcer sur différentes questions de société au niveau local...

Bérénice Dubuc
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Un badge en faveur de l'initiative pour la légalisation de la marijuana, qui sera mise au vote le 4 novembre 2014, à
Washington.
Un badge en faveur de l'initiative pour la légalisation de la marijuana, qui sera mise au vote le 4 novembre 2014, à Washington. — AFP PHOTO/Robert MacPherson

Mardi, les Américains votent pour renouveler l'ensemble de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Mais les quelque 90 millions d’électeurs ne sont pas appelés à se rendre aux urnes uniquement pour ce vote. En effet, ces élections de mi-mandat («midterms») doivent également permettre l’élection de 36 gouverneurs et de nombre d’autres représentants à l’échelle des Etats et des villes (maires, juges, …), ainsi que des référendums locaux sur des questions de société («ballot measures»).

Parmi ces dernières, certains sujets, comme le cannabis, ont le vent en poupe. La légalisation de la marijuana sera ainsi proposée aux électeurs dans trois Etats (Alaska, le District of Columbia, Oregon) et dans plusieurs villes du Maine, son utilisation à des fins thérapeutiques sera mise au vote en Floride (ainsi que sur l’île de Guam, rattachée aux États-Unis), et onze villes du Michigan se prononceront sur la dépénalisation de la possession de faibles quantités de cannabis, faisant de ces élections de mi-mandat des «Marijuana Midterms», selon le think tank Brookings.

Autre thématique forte: le contrôle des armes à feu. Moins de deux semaines après la fusillade de Marysville, où cinq élèves ont été tués, les habitants de l’Etat de Washington devront ainsi choisir de voter «oui» ou «non» à l’initiative 594 -qui propose l’obligation de vérifier les antécédents judiciaires de tous les acheteurs d'armes à feu, y compris si la vente a lieu sur Internet, entre particuliers ou lors de foires- et à l’initiative 591 -qui interdirait toute restriction sur la vente ou la possession d'armes à feu dans l'Etat au-delà de celles établies par l’état fédéral. Les électeurs d’Alabama se prononceront eux aussi sur ce sujet: s’ils votent en faveur de l’Amendment 3, ils se verraient garantir leur «droit fondamental à porter des armes».

En cette période de crise, la question du salaire minimum est un autre sujet répandu dans ces référendums populaires. Quatre Etats (Alaska, Arkansas, Nebraska et Dakota du Sud) vont ainsi mettre au vote l’augmentation du salaire minimum fédéral (7,25 dollars de l’heure, soit environ 5,80 euros). Dans l’Illinois, une question similaire sera posée pour passer ce salaire minimum à 10 dollars (8 euros), mais n’aura pas de valeur contraignante, même si elle est approuvée par les électeurs. La question pourra cependant être reprise à son compte par le législateur.

La restriction du droit à l’avortement est également une thématique forte de cette élection. Des initiatives proposent d’amender la constitution du Colorado et du Dakota du Nord pour définir le fœtus comme une personne. Et, dans le Tennessee, l’Amendment 1 vise à modifier la constitution de l’Etat, indiquant que «rien dans cette Constitution ne garantit ou protège un droit à l'avortement, ni ne le finance». Aucune de ces trois questions soumises au vote populaire ne mentionne explicitement des exceptions en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la mère.

Parmi les 146 «ballot measures» proposées aux électeurs américains mardi, d’autres sont bien plus anecdotiques, voire farfelues. Les électeurs de l’Etat de New York devront ainsi se prononcer sur la possibilité pour la législature de l'État de distribuer les textes de lois par voie électronique plutôt que de les imprimer sur papier, comme l’y oblige actuellement la constitution de l’Etat. Et les électeurs de huit autres Etats (Massachusetts, Californie, Colorado, Rhode Island, Dakota du Sud, Kansas, Caroline du Sud et Tennessee) se prononceront sur des propositions visant à développer les jeux d’argent.