Burkina Faso: Où en est la situation 24h après la chute de Blaise Compoaré?

MONDE Le calme revient progessivement mais la situation reste très confuse ce samedi matin….

C.P. avec AFP

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A Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, après les manifestations qui ont poussé le président Blaise Compaoré à la démission, le 21 octobre 2014.
A Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, après les manifestations qui ont poussé le président Blaise Compaoré à la démission, le 21 octobre 2014. — ISSOUF SANOGO / AFP

Une révolution éclair. En l’espace de quelques jours, les manifestants ont réussi à faire tomber leur chef d’Etat Blaise Compaoré, qui tentait de modifier la constitution pour conserver son poste après 27 ans à la tête du Burkina. Samedi matin, moins de 24h après sa chute, le calme semblait revenu dans les rues de la capitale mais la situation politique restait très confuse. «20 Minutes» fait le point sur la situation.

Retour au calme

La situation était calme samedi matin à Ouagadougou, la capitale, et Bobo Dioulasso, la deuxième ville du Burkina Faso, théâtres de pillages après l'insurrection qui a chassé le président Blaise Compaoré, a constaté l'AFP.

Dans le centre de Ouagadougou, la circulation était normale et les petits commerces ouverts. Cependant le marché central était fermé, ainsi que les banques, a constaté un journaliste de l'AFP. Le 1er novembre n'est pas un jour férié au Burkina Faso.

Le Mouvement citoyen, une organisation de jeunes qui a été en pointe dans la mobilisation pour faire tomber le président Compaoré, a appelé les jeunes à sortir nettoyer les débris qui jonchent la ville.

A Bobo Dioulasso, dans le Sud, la situation était également revenue au calme samedi matin. Les petits cafés et restaurants de rue étaient ouverts, ainsi qu'une station-service où il y avait la queue, selon un journaliste de l'AFP.

Deux militaires autoproclamés chef de l'Etat

Sur le plan politique, la situation du Burkina était toujours confuse. Deux militaires se sont proclamés nouveaux chefs de l'Etat: vendredi après-midi le chef d'état-major des armées, le général Nabéré Honoré Traoré, avait annoncé la dissolution du gouvernement et celle de l’Assemblée nationale, déclarant assumer les «responsabilités de chef de l’Etat». Mais dans la nuit de vendredi à samedi, le lieutenant-colonel Isaac Zida, numéro deux de la garde républicaine, à la tête d'un groupe de jeunes officiers, a déclaré à son tour avoir pris la tête de la transition et être le nouveau chef de l’Etat, qualifiant de «caduques» les déclarations similaires du chef d'état-major vendredi.

Un groupe de jeunes officiers, dirigé par Zida, a annoncé ainsi la prochaine mise en place d'un nouvel «organe de transition», «en accord avec toutes les forces vives de la Nation». Objectif: organiser la transition pour un «retour rapide» à l'ordre constitutionnel. Ces militaires ont réclamé pour cela «l'accompagnement de la communauté internationale». Ils ont annoncé une suspension de la Constitution et une fermeture des frontières terrestres et aériennes. Selon la correspondante de Libération sur place, il se trouvait samedi matin au palais présidentiel, tandis que le général Nabéré Honoré Traoré n’avait toujours pas repris la parole.

Un troisième militaire pourrait également revenir sur le devant de la scène: le général en retraite Kouamé Longué, ancien ministre de la Défense limogé en 2003 et apprécié pour son «intégrité». C’est lui que la foule a appelé pour prendre les rênes du pouvoir.  Selon l’AFP Zida et Lougué devaient se rencontrer ce samedi.

Blaise Compaoré  en Côte d'Ivoire

Vendredi l lieutenant-colonel Zida assurait que  l'ancien président se trouvait à présent «dans un lieu sûr» et son intégrité «physique et morale est assurée». Selon des témoins et une source sécuritaire contactés par l'AFP, il aurait trouvé refuge à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire, où il s'est installé la veille au soir dans une résidence d'Etat pour les hôtes étrangers.