Ebola: «Certains villages ont tout simplement été rayés» de la carte

EPIDEMIE Un responsable de MSF déplore le nombre officiel de morts sous-estimé en rappelant la totale saturation des systèmes de santé locaux avec parfois «trois ambulances pour 400.000 habitants»...

20 Minutes avec AFP
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Un membre des forces britanniques observe l'arrivée du navire médicalisé RFA Argus à Freetown, en Sierra Leone, le 30 octobre 2014.
Un membre des forces britanniques observe l'arrivée du navire médicalisé RFA Argus à Freetown, en Sierra Leone, le 30 octobre 2014. — Michael Duff/AP/SIPA

«Des patients sont morts et des communautés ont disparu et cela n'apparaît pas dans les statistiques.» Rony Zachariah, un responsable de la recherche opérationnelle de Médecins sans frontières (MSF), dénonce la situation catastrophique en Sierra Leone, où Ebola a décimé des villages entiers. Selon lui, le nombre officiel de morts est «très inférieur à la réalité».

Le docteur Zachariah, qui s'est rendu dans les zones rurales de Sierra Leone se trouvait cette semaine à Barcelone pour participer à la 45ème édition de la Conférence mondiale sur la santé pulmonaire où il a aussi plaidé pour un renforcement de la lutte contre la maladie. «La situation est catastrophique», a-t-il déclaré à l'AFP: «Certains villages ont tout simplement été rayés», de la carte. «Dans un village, il y avait 40 habitants, dont 39 sont morts. Un seul survivant. Dans un autre, les 12 membres d'une même famille, grands-parents, parents, enfants, sont morts», a poursuivi le médecin.

«Trois ambulances pour 400.000 habitants»

«Mais aucun ne figure dans les statistiques», a-t-il déploré en rappelant la totale saturation des systèmes de santé locaux avec parfois «trois ambulances pour 400.000 habitants», et les difficultés des centres de santé où le personnel de santé, contaminé, est emporté par la maladie.

«Ces pays ont tout au plus une infirmière pour 10.000 habitants. Comment voulez-vous que le système fonctionne quand ils perdent, dix, onze ou douze infirmières?», s'est-il encore demandé en se félicitant qu'après l'arrivée d'Ebola en Europe la prise de conscience ait gagné du terrain. Le responsable a souhaité l'envoi de davantage de personnel sanitaire, de moyens de transport et logistiques. «Il faut aller beaucoup plus vite (...) pas en décembre, ni en janvier, non maintenant», a-t-il conclu.

En Sierra Leone, un navire britannique médicalisé, le RFA Argus, équipé d'un hôpital de campagne et ayant à bord 350 personnes, dont 80 médecins et infirmiers et 80 éléments de la Marine, a accosté jeudi à Freetown, la capitale.