Burkina Faso: Blaise Compaoré chute après 27 ans de pouvoir

MONDE Ancien militaire putschiste lui même, le président burkinabè Blaise Compaoré est à son tour victime d'un coup d'Etat...

20 Minutes avec AFP
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Bmlaise Compaoré et sa femme avant un diner avec le président Obama
Bmlaise Compaoré et sa femme avant un diner avec le président Obama — Walsh

En 27 ans de règne, Blaise Compaoré s'est imposé comme un incontournable médiateur dans les crises africaines, mais il n'a pas su gérer la contestation populaire dans son pays, restant silencieux jusqu'à ce que l'armée annonce la dissolution des institutions et la mise en place d'un régime de transition.

Fidèle à sa réputation d'homme secret, Blaise Compaoré a longtemps tardé à dévoiler ses intentions, mais l'annonce d'un projet de révision constitutionnelle lui permettant de se représenter à la présidentielle en 2015 a jeté des centaines de milliers de Burkinabè, refusant un «président à vie», dans la rue.

«Au pouvoir après un putsch»
Celui qu'on appelle alors le «beau Blaise» a 36 ans lorsqu'il prend le pouvoir en 1987 par un coup d'Etat, le troisième auquel il participe. Après une période dite de «rectification», marquée par l'élimination d'opposants, Blaise Compaoré quitte l'uniforme et, en 1991, rétablit le multipartisme.

Cela ne l'empêche pas de modifier deux fois la Constitution pour modifier le nombre de mandats présidentiels et leur durée. le président burkinabais devait terminer en 2015 son deuxième quinquennat, après avoir effectué deux septennats.

«L'ami de la France»
Malgré des trafics d'armes et de diamants épinglés par l'ONU ou sa proximité avec le défunt "Guide" libyen Mouammar Kadhafi et le dictateur libérien Charles Taylor, Blaise Compoaré avait encore l'attention des puissances étrangères.

En octobre encore, le président français François Hollande proposait de le soutenir pour un poste international s'il renonçait à son projet de «réélection». Mais Blaise Compaoré se jugeait «trop jeune pour ce genre de job»

«Le projet de loi de trop» 
Le projet de loi qui a enflammé le Burkina prévoyait de faire passer de deux à trois le nombre maximum de quinquennats présidentiels. Selon ses détracteurs, ce changement aurait permis au président du "pays des hommes intègres" d'ajouter 15 ans de plus aux 28 qu'il aura déjà vécus au sommet de l'Etat.

Déjà en 2011, la quasi-totalité des casernes, y compris la garde prétorienne du chef de l'Etat, s'étaient mutinées, parallèlement à des manifestations populaires, ébranlant le régime et forçant le président à quitter momentanément la capitale.

Au Burkina, où 60% des 17 millions d'habitants ont moins de 25 ans et n'ont jamais connu d'autre régime, une grande partie de la jeunesse, surtout dans les villes, refuse une perpétuation de son pouvoir.