Livraison du Mistral à la Russie: Hollande tranchera bien «courant novembre»

MILITAIRE Paris prendra sa décision le mois prochain sur la livraison controversée à Moscou du premier navire de guerre  a indiqué ce mardi le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian…

C.P. avec AFP
Le Mistral Sébastopol à Saint-Nazaire le 19 juillet 2014.
Le Mistral Sébastopol à Saint-Nazaire le 19 juillet 2014. — PAPIX/SIPA

«Suspension» n’est pas «annulation», François Hollande a pris soin de faire le distinguo début septembre. En plein bras de fer avec la Russie au sujet de la crise ukrainienne, le chef de l’Etat avait indiqué qu'il n'envisageait pas de donner son autorisation à la livraison du premier des deux porte-hélicoptères si les conditions politiques ne changeaient pas.

Contrat à 1,2 milliard d'euros

La livraison du premier navire initialement prévue en octobre 2014 avait ainsi été suspendue «jusqu’en novembre». Une position qu’il avait réaffirmée le 16 octobre en indiquant que le cessez-le-feu devait être «entièrement respecté» en Ukraine pour que Paris livre un premier bâtiment à la Russie.

Baptisé «Vladivostok», ce premier bateau de guerre a effectué ces dernières semaines des essais en mer au large de Saint-Nazaire. Le sort du deuxième navire, le Sébastopol (en référence au port de Crimée où trempe la flotte russe) dont la construction est en cours, n’est lui pas évoqué. Leur vente à la Russie a été conclue en juin 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, pour 1,2 milliard d'euros.

«Date prévue»

Alors que la nouvelle date butoir approche, l’Elysée va désormais devoir trancher. «Le président de la République rendra sa décision courant du mois de novembre, qui est la date prévue», a-t-on souligné ce mardi dans l'entourage du ministre de la Défense, lors de l'inauguration du salon Euronaval au Bourget.

Le climat toutefois est loin d'être apaisé en Ukraine. Ce mardi la Russie a averti qu'elle reconnaîtrait les élections organisées dimanche prochain par les séparatistes de l'est de l'Ukraine, défiant Kiev avant une réunion de l'UE consacrée aux sanctions économiques visant Moscou. Un coup de froid qui intervient alors que les combats ont repris dans l'est du pays au lendemain de la large victoire aux élections législatives anticipées des partis pro-occidentaux ukrainiens.