Mort du PDG de Total: Deux nouvelles détentions et deux mises en résidence surveillée en Russie

ENQUETE L'avion de Christophe de Margerie est entré en collision dans la nuit de lundi à mardi avec un chasse-neige à l'aéroport Vnoukovo avant de s'écraser...

20 Minutes avec AFP

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Quatre employés de l'aéroport ont été placés en garde à vue dans l'enquête sur la mort du PDG de Total.
Quatre employés de l'aéroport ont été placés en garde à vue dans l'enquête sur la mort du PDG de Total. — AFP

La justice russe a placé vendredi deux suspects en détention provisoire et deux autres en résidence surveillée dans le cadre de l'enquête sur le crash meurtrier à Moscou de l'avion du patron de Total, Christophe de Margerie. Le chef des nettoyeurs de pistes et un aiguilleur du ciel ont ainsi été placés en détention provisoire pour deux mois. Le responsable du contrôle des vols et une aiguilleur «stagiaire» ont pour leur par écopé d'une mise en résidence surveillée pour la même période.

Non respect des normes de sécurité

Ces quatre employés de l'aéroport Vnoukovo de Moscou, théâtre de l'accident, avaient été arrêtés quelques jours auparavant par les enquêteurs russes, qui leur reprochent de ne pas avoir respecté les normes de sécurité. Parmi les deux aiguilleurs du ciel arrêtés par les enquêteurs figure Alexandre Krouglov, connu pour avoir empêché le crash d'un avion en 2007 à Vnoukovo. L'aiguilleur qui contrôlait le décollage de l'avion de Christophe de Margerie était pour sa part une jeune recrue, qui avait encore le statut de «stagiaire».

Le conducteur ivre en détention provisoire pour deux mois

L'avion du PDG du géant pétrolier est entré en collision dans la nuit de lundi à mardi avec un chasse-neige à l'aéroport Vnoukovo avant de s'écraser, provoquant la mort de Christophe de Margerie, de deux pilotes et d'une hôtesse de l'air. Le conducteur du chasse-neige, Vladimir Martynenko, qui avait selon les enquêteurs 0,6 gramme d'alcool par litre de sang au moment de l'accident, a pour sa part été placé jeudi en détention provisoire pour deux mois.

Le Parquet russe a également autorisé vendredi des enquêteurs français à se rendre en Russie pour suivre l'enquête sur le crash de l'avion. Celle-ci est menée par les membres du Comité d'enquête russe, structure chargée des investigations criminelles en Russie. Des experts français du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) se sont déjà rendus en Russie au cours de la semaine pour assister leurs homologues russes dans l'analyse des données de vol contenues dans les «boîtes noires» de l'appareil.

Les pilotes de l'avion n'ont pas vu la «machine» comme une menace

Selon les experts, les pilotes de l'avion de Christophe de Margerie ont aperçu le chasse-neige 14 secondes après le début de la procédure de décollage et l'ont qualifié de «machine traversant la route». L'objet observé n'a toutefois pas été considéré comme une «menace» et le décollage s'est poursuivi normalement.