Etudiants disparus au Mexique: Le maire d'Iguala, suspect numéro un, fait l'objet d'un mandat d'arrêt

DISPARITION José Luis Abarca a disparu avec sa femme très rapidement après la révélation de la disparition des 43 étudiants...

N.Beu. avec AFP

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Une voiture de police devant le commissariat d'Iguala au Mexique, le 6 octobre 2014
Une voiture de police devant le commissariat d'Iguala au Mexique, le 6 octobre 2014 — Pedro Pardo AFP

Le Mexique désigne enfin un suspect dans l'affaire des étudiants disparus. Les autorités judiciaires ont lancé mercredi un mandat d'arrêt contre le maire d'Iguala (sud), accusé d'avoir ordonné l'attaque contre des dizaines d'étudiants dans sa ville le 26 septembre, qui avait fait six morts et 43 disparus.

Tandis que le ministre de la Justice, Jesus Murillo Karam, faisait cette annonce lors d'une conférence de presse, des manifestants ont incendié la mairie d'Iguala pour protester contre l'incapacité des autorités à retrouver les disparus. «Des mandats d'arrêt ont été lancés contre le maire d'Iguala», José Luis Abarca, son épouse et le responsable municipal de la sécurité publique. Le maire est soupçonné d'être «l'instigateur des faits survenus à Iguala», a dit le ministre de la Justice, qui dirige l'enquête. C'est la première fois que les autorités judiciaires, qui ont déjà procédé à 52 arrestations, dont une quarantaine de policiers municipaux, nomment les instigateurs d'un crime qui a bouleversé le Mexique et le monde.

L'autre mystère des 28 cadavres

Sur la base de témoignages de détenus, le ministre a indiqué que le maire avait donné «l'ordre d'affronter» les étudiants par crainte que ces élèves de l'école normale d'Ayotzinapa, située comme Iguala dans l'Etat de Guerrero, sabotent un événement public que tenait son épouse comme directrice d'un organisme publique de protection de l'enfance. Le maire, élu du Parti de la révolution démocratique (gauche), et son épouse Maria de los Angeles Pineda, soeur d'au moins trois narcotrafiquants, sont liés au cartel des Guerreros Unidos, que les autorités accusent d'avoir fait disparaître les étudiants.

Le ministre Jesus Murillo Karam a présenté Pineda comme «la principale opératrice d'activités criminelles» depuis la mairie d'Iguala, avec la complicité de son époux et du responsable municipal de la sécurité publique, Felipe Flores. Selon les autorités, ce sont des policiers municipaux d'Iguala, ainsi que ceux du bourg voisin de Cocula, qui ont remis les 43 étudiants à des membres des Guerreros Unidos. Le ministre de la Justice a expliqué mercredi que Sidonio Casarrubia, détenu considéré comme le leader du cartel des Guerreros Unidos, avait reconnu avoir été contacté par un de ses lieutenants à Iguala. Ce dernier lui aurait présenté les étudiants comme des membres d'un groupe criminel rival, raison pour laquelle Casarrubia aurait «donné son aval» à l'action contre les jeunes «pour la défense de leur territoire».

Depuis les disparitions, les autorités ont trouvé neuf fosses clandestines à Iguala et ses environs avec un total de 30 cadavres, a dit le ministre. Les expertises ont déterminé que 28 d'entre eux ne correspondent pas aux étudiants disparus, soulevant de nouvelles questions sur l'identité de ces morts. A Iguala, des manifestants ont incendié la mairie, où aucun employé n'était sur les lieux.