Parlement européen: Nigel Farage va reformer un groupe europhobe avec un Polonais

EUROPE Le leader europhobe britannique a mis moins d’une semaine à reconstituer son groupe europhobe après la défection d’Iveta Grigule…

20 Minutes avec AFP

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Le leader de l'Ukip, Nigel Farage lors de son discours le 26 septembre 2014 à la tribune du congrès annuel du parti à Doncaster
Le leader de l'Ukip, Nigel Farage lors de son discours le 26 septembre 2014 à la tribune du congrès annuel du parti à Doncaster — Nigel Roddis AFP

Le leader europhobe britannique Nigel Farage, qui avait perdu son groupe au Parlement européen la semaine dernière après la défection d'une députée lettone, est en passe de le reconstituer grâce à un député polonais d'extrême-droite.

Nigel Farage a annoncé lundi que le député Robert Jaroslaw Iwaszkiewicz, du Congrès de la Nouvelle droite (KNP), avait rejoint son groupe. Sa signature, déposée lundi après-midi, doit être validée par les services du Parlement européen.

«Les eurosceptiques sont de retour avec éclat»

«Les eurosceptiques sont de retour avec éclat, en fait nous ne sommes jamais partis», a lancé dans un communiqué le chef de l'Ukip, grand vainqueur des élections européennes de mai dans son pays.

«J'ai voulu aider l'unique et vital groupe eurosceptique du Parlement européen. J'ai rejoint le groupe ELDD (Europe de la liberté et de la démocratie directe) pour deux valeurs importantes: l'opposition à la bureaucratie de l'UE et le soutien à des marchés libres», a déclaré Robert Jaroslaw Iwaszkiewicz.

Iwaszkiewicz, membre d’un parti habitué des provocations racistes

L'élu polonais est membre du Congrès de la Nouvelle droite, un parti dirigé par le monarchiste et ultralibéral Janusz Korwin-Mikke, un habitué des provocations racistes et antisémites. En juillet, Janusz Korwin-Mikke avait déclenché une polémique au Parlement européen en comparant les jeunes chômeurs à des «nègres».

Durant la campagne pour les élections européennes, il avait estimé que «probablement, le Führer du IIIe Reich n'était pas au courant de l'extermination des Juifs».

La présidente du Front national français, Marine Le Pen, qui avait cherché en vain à former un groupe politique au Parlement européen avec d'autres formations d'extrême-droite, avait renoncé en juin à s'associer au KNP. C'est «parce que nous avons des valeurs», avait-elle affirmé.

Iwaszkiewicz remplace Grigule

Pour former un groupe au Parlement européen, il faut rassembler au moins 25 élus venus de sept pays différents. Nigel Farage était parvenu à constituer le sien après les Européennes grâce à une alliance entre ses 24 élus et les 17 députés du Mouvement Cinq Etoiles de l'europhobe italien Beppe Grillo, avec l'appui d'une dissidente du Front National français, de deux élus du parti des Démocrates suédois, d'un député du parti Ordre et Justice de Lituanie, d'un Tchèque du Parti des citoyens libres et d'une élue de l'Union des paysans de Lettonie, Iveta Grigule.

Mais la défection d’Iveta Grigule avait entraîné sa dissolution la semaine dernière. Nigel Farage avait dénoncé une « machination » des deux principaux groupes du Parlement, les conservateurs du PPE et les socialistes, pour marginaliser les eurosceptiques.