A qui appartient le mystérieux sous-marin en mer Baltique?

SUEDE L’armée suédoise est mobilisée pour identifier la nationalité de l’engin détecté dans ses eaux...

N.Beu.

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Un chasseur de mines patrouille dans les eaux de la Baltique près de Stockholm le 19 octobre 2014
Un chasseur de mines patrouille dans les eaux de la Baltique près de Stockholm le 19 octobre 2014 — Marko Saavala / TT TT News Agency

Branle-bas de combat en mer Baltique. Après qu’une «activité sous-marine étrangère» a été détectée au large de Stockholm, l’armée suédoise a déclenché samedi soir une opération militaire d'ampleur avec plus de 200 hommes, des bateaux furtifs, des dragueurs de mines et des hélicoptères, qui ont fouillé une zone d'environ 50 kilomètres. Une photo d’un mystérieux «vaisseau étranger» a même été publiée. Mais à quel Etat appartient-il? 20 Minutes fait le point sur les deux hypothèses évoquées.

Un sous-marin russe?

La presse suédoise a évoqué cette piste dès samedi. Le quotidien Svenska Dagbladet a rapporté que les services de renseignement suédois avaient intercepté des fréquences radio dans une zone entre les côtes de Stockholm et l'enclave russe de Kaliningrad, où est basée une grande partie de la flotte russe de la Baltique, dont des mini-sous-marins.

Le quotidien indiquait également, citant des sources militaires suédoises sous couvert de l'anonymat, qu'il s'agissait de fréquences spéciales utilisées par les Russes dans les situations d'urgence. Les sources militaires ont indiqué au quotidien que ces fréquences en russe avaient été interceptées jeudi soir, un jour avant que le témoin ne fasse part de ses observations.

La Russie a cependant rapidement démenti toute implication. «Il n'y a eu aucune situation irrégulière, et, encore moins, d'accidents impliquant des navires russes», a indiqué dimanche le ministère de la Défense russe dans un communiqué. Le contre-amiral suédois Anders Grenstad a également démenti les informations de la presse suédoise. «D'après les informations que nous avons, nous ne pouvons arriver aux mêmes conclusions que les médias. Nous n'avons aucune information sur un message d'urgence ou l'usage d'une fréquence spéciale», a-t-il déclaré.

Un sous-marin néerlandais?

Ce lundi, la Russie a contre-attaqué en évoquant une nouvelle piste. «Nous recommandons [aux autorités suédoises] de demander des renseignements au commandement des forces navales des Pays-Bas», a déclaré une source au sein du ministère russe de la Défense citée par l'agence Interfax.

Avant de donner quantité de détails censés prouver la bonne foi des Russes. «C'est un sous-marin à propulsion diesel-électrique néerlandais Bruinvis qui effectuait la semaine dernière» des exercices, «y compris des retours d'urgence à la surface, à proximité immédiate de Stockholm», a affirmé cette même source. Ce sous-marin est entré vendredi dans le port de Tallinn, la capitale d'Estonie, et «reprendra probablement son chemin aujourd'hui» pour revenir aux Pays-Bas, a-t-elle encore précisé.

Evidemment, l'armée néerlandaise a, à son tour, démenti l'information selon laquelle le sous-marin lui appartiendrait. «Le sous-marin néerlandais n'est pas impliqué et nous ne sommes pas impliqués dans les opérations de recherche» menées par l'armée suédoise, a déclaré à l'AFP la porte-parole du ministère néerlandais de la Défense, Marnoes Visser. «Nous avons participé à un exercice avec la Suède et plusieurs bâtiments, mais il s'est terminé mardi, la semaine dernière», a t-elle ajouté, précisant que le sous-marin Bruinvis s'était rendu ensuite à Tallin où il se trouvait ce week-end.

Pour déterminer qui dit vrai, la Suède entend désormais retrouver le sous-marin. Mais compte tenu de la typologie de l’archipel de Stockholm, les recherches s’annoncent difficiles, prévient l'ancien commandant suprême Bengt Gustafsson, interrogé par Aftonbladet.